4 jours de randonnée à Ouessant et dans l’archipel de Molène

Nous avons enfin pu faire notre randonnée de quatre jours, prévue, depuis longtemps, au calendrier 2021 de CKmer.

La météo s’annonçait bonne, avec des vents de 2 à 3 Beaufort, des coefficients bien sages, allant de 46 à 63. Bref, des conditions idéales pour passer du bon temps ensemble à parcourir 48 milles nautiques, sur 4 jours, dans un des plus beaux sites de Bretagne.

Vu le plan de route ( Vendredi : de Lampaul-Plouarzel à Ouessant. Samedi : Tour de Ouessant. Dimanche : de Ouessant à Molène. Lundi : de Molène au Conquet ) que j’avais prévu pour 4 adhérents de CKmer, il nous fallait amener vendredi une ou deux voitures au Conquet. Voitures qui nous permettraient d’aller récupérer un véhicule à Lampaul-Plouarzel le lundi.

05 – Le Créac’h – Photo Jef Delcamp

Vendredi à 13h00, Anne-Sophie, Eric, Philippe, Stéphane et moi, prenons la route directe pour nous rendre à Ouessant, à partir de Lampaul-Plouarzel. La traversée de 5 heures et demie, en ligne droite, avec de bonnes pauses, sera monotone, c’est son défaut. Par contre, c’est le chemin le plus facile pour aller à Ouessant. Il nous permet de faire connaissance en douceur, de vérifier notre endurance et notre aisance, avant les étapes plus techniques qui vont suivre. Si nous avions un soucis quelconque vendredi, nous pourrions descendre vers le sud, vers une île de l’archipel de Molène, en profitant du jusant du vendredi après midi.

Ouessant protège de la houle l’archipel de Molène.
https://marc.ifremer.fr/resultats/vagues/modele_iroise

marc ifremer fr – La-houle le 5 juin 2021

Sur l’image jointe ci-dessus, nous voyons bien que c’est la pointe de Pern, où se trouve le phare de Nividic, qui reçoit la houle la plus forte. Effectivement, le samedi 5 juin, nous y rencontrerons les 1,75 m à 2 m annoncés par Marc Ifremer.

Samedi, la bonne météo nous offre le privilège de faire le tour horaire de Ouessant. Nous commençons par la côte sud-est, la plus facile. Partant du port du Stiff, nous remonterons le courant de flot en rasant la côte au plus près. Avec quelques efforts aux passages de pointes.

01 – Ouessant côte sud – Photo Jef Delcamp


A l’approche de la Baie de Lampaul, nous distinguons la houle qui mouille la côte nord-ouest. Il va falloir être prêt à mettre en œuvre nos techniques d’appuis et également prêt à repousser le déjeuner de trois heures. La houle, de 1,75 m à 2 m, compliquant l’accostage, je préfère être prudent et retarder le repas de trois heures. Je demande à ce que nous naviguions groupés avec les casques. Cycliquement, la houle nous masque les uns aux autres, seuls nos casques dépassent des vagues. Accessoirement, la houle nous pousse ou nous projette, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

Mes quatre équipiers maîtrisent leurs dérapages comme des chefs. J’aiderai juste Eric à vider son kayak. Il venait de prendre un paquet de mer, au moment où il avait déjupé pour prendre de l’eau dans son cockpit.

Une fois passé le phare du Créac’h, la houle est plus modeste, nous en profiterons pour faire une petite pause en mer. Au menu : eau et barres de céréales.

04 – Nividic – Photo Jef Delcamp
06 – Le Créac’h – Photo Jef Delcamp
08 – en approche de Keller – Photo Jef Delcamp

La côte nord-ouest, dont les roches ont été mises à nu par des siècles de tempêtes, est plus belle que bien des palais et bien des cathédrales. Les couleurs des roches sont riches de teintes allant du sombre au clair. Pour nous qui sommes citadins, c’est un émerveillement de voir comme la pierre tient sa position face à la violence de la mer.

Nous ferons notre pause déjeuner à Calgrac’h. La fin du tour sera aisée, l’occasion de faire de la récupération active.

Le soir nous recevrons d’utiles conseils, échangerons des anecdotes avec Breval Crenn ( https://ouessant-kayak.fr/ ), nous comprendrons mieux ce qu’est le métier de moniteur et de loueur de kayaks. Le tout autour d’un barbecue revigorant. Nous espérions pouvoir dire bonjour à Armel Kerdoncuff, mais, hélas, il recevait le message trop tard.

Dimanche midi, entre le Stiff et Porz Ar Lan, j’organise deux séances d’exercices de pagaies : appels, écarts, appels d’incidence, enchaînement de plusieurs coups de pagaie sans sortir la pale de l’eau. Je transmets également une technique inuit pour faire des virages serrés sans risquer de blesser ses épaules (une technique apprise auprès de Jérôme Le Ray, lors d’un stage CKmer). Nous passerons le Fromveur à l’étale, ferons un tour du phare de Kéréon, pour ensuite nous rendre à Molène en passant par l’anse de Balanec. Avant d’atteindre Balanec, nous passerons une zone agitée (au sud de la Basse Linah, là où le courant accélère sur un petit fond), zone qui, à nouveau, mettra notre habileté à l’épreuve.

11 – Le Fromveur – Photo Jef Delcamp
12 – Le Fromveur, phare de Kéréon – Photo Jef Delcamp

Le soir nous monterons la tente au petit camping de la cale Charcot à Molène. Le camping payant (5 euros par tente) jouxte un nouveau bâtiment offrant des douches chaudes, des sanitaires et des éviers pour la lessive ou la vaisselle.

13 – Cale Charcot à Molène – Photo Jef Delcamp

Lundi, au réveil, les appareils photos sont de sortie, quelques dauphins font route devant la grève du camping.

15 – Devant Quéménès – Photo Jef Delcamp

Nous quittons Molène pour passer au nord de Lédènes Quéménès, où quelques jeunes phoques suivront deux de nos kayaks, puis nous profitons d’une courte pause sur la plage nord de Litiri. Ensuite nous rejoignons Béniguet nord. De là, nous visons à nous rendre à Porsliogan, mais le courant, plus fort que nos bras, obligera 4 d’entre nous à faire une pause sur la plage de l’îlette, en attendant que le courant faiblisse et nous permette de rejoindre Eric sur la plage de Portez, afin de poursuivre tous les cinq jusqu’à Porsliogan, le terme de nos merveilleux 4 jours.

Bravo à mes solides compagnons de navigation et vive CKmer qui nous permet d’être ensemble sur l’eau !

Jef Delcamp
( https://www.randokayak.com/ )

PS : en plus des phoques et dauphins, nous avons vu des Puffins des anglais, Goélands marins et argenté, Fous de Bassan, Cormorans, Fulmar boréal et Choucas de tours

Choucas des tours (Coloeus monedula) – Photo de Darkorn

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