Week-end CK/mer – SNSM : Secours et sécurité en mer

Week-end CK/mer – SNSM : Secours et sécurité en mer

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Une idée d’Yves de proposer à CK/mer une formation PSC1 (premiers secours) dispensée par la SNSM ; une envie de Pascal et Jean d’organiser une journée d’exercices avec la SNSM de Beg Meil – Fouesnant ; et ce week-end secours et sécurité avec la SNSM était né.

Programmé les 9 et 10 mars 2024, ouvert à une quinzaine de kayakistes, il a réuni une belle équipe motivée par l’apprentissage des bons réflexes et gestes de secours, tant à terre qu’en mer.

Pascal, un des co-organisateurs, a rédigé un compte-rendu complet sur son blog.


Sur cette page

Un grand merci aux organisateurs et à l’équipe de Beg Meil pour leur accueil chaleureux, à Sylvain Alix et l’équipe du Centre de formation et d’intervention SNSM de Quimper, à l’équipe de la SNSM de Beg Meil-Fouesnant et aux pompiers du SDIS 29.

« Un très grand merci à ceux (celles) qui ont pris l’initiative et se sont chargés de l’organisation de ce week-end. Vraiment très instructifs et un grand plaisir à rencontrer et travailler et partager avec des professionnels du secours. Tout cela en très bonne compagnie de passionné(e)s du kayak. » Jean-Jacques P.

Week-end secours et sécurité avec la SNSM
Tous les exercices ont été réalisés sous l’œil bienveillant de Mister Dauphin


Le compte-rendu de Pascal

« La formation PSC1 nous apprend à réagir face à des situations de la vie quotidienne : malaise, traumatismes, perte de connaissance, arrêt cardiaque, etc.
Savoir appeler les secours, mettre une personne en position latérale de sécurité (PLS), pratiquer un massage cardiaque, adopter les bons réflexes en cas de catastrophe ou encore bien réagir face à une brûlure, une blessure… aucun de ces gestes ne s’improvise et encore moins en situation de stress ! Et pourtant, ils sont essentiels durant les premières minutes d’une catastrophe ou d’un accident. »

Le retour de Marie

« Parce que notre pratique de kayakistes responsables et solidaires nous amène souvent à prendre conscience de nos limites en cas d’incident, c’était vraiment une très bonne idée d’organiser ce week-end sécurité en partenariat avec le Centre de formation SNSM de Quimper Cornouaille, la SNSM, et les pompiers les 9 et 10 mars à Quimper et Port la Forêt. Merci à Yves Trouinard.
Après un accueil chaleureux, Sylvain Alix a su avec brio exposer les principes de la gestion de crise dans une démarche de secours civique, alternant théorie et pratique. De telle sorte que nous avons pu nous initier aux gestes de secours et en saisir les problématiques, les enjeux, ainsi que les divers protocoles et techniques.
Cette journée d’information s’est conclue par une série de jeux de rôle nous permettant d’intégrer individuellement l’information. Bravo à toute l’équipe du CFI de Quimper et à CK/mer ! »

Quelques mises en situation

Une vidéo sur la formation PSC1 réalisée par un des centres SNSM :


Le compte-rendu de Bertrand

Tout d’abord, un énorme remerciement à Jean, Pascal et Joël pour l’organisation de ce WE, qui a permis d’avoir le concours de la station locale de la SNSM, du centre de formation SNSM de Quimper (PSC1) et de la brigade nautique du SDIS 29 (entre les interventions).

De la théorie à la pratique….

Tout commence à 10H00, par de la théorie en salle, avec au programme des rappels sur le sauvetage en mer. Il y a tout d’abord l’organisation du sauvetage en mer, sans aller trop en détails sur le fonctionnement général mais en parlant des éléments centraux qui sont les CROSS (centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage) et des moyens de sauvetage privilégiés dans la zone côtière mis en œuvre par la Société National de Sauvetage en Mer (SNSM) et le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS).

Puis un rappel sur le fonctionnement et l’utilisation de la VHF, en détaillant les 3 types de communication (sécurité, urgence et détresse). La théorie, assis au sec et au chaud est facilement assimilée.

La démo d’un appel de détresse par Bruno, patron de la SNSM de Beg Meil

Appel de détresse au CROSS
Les messages et informations à donner au CROSS

Un peu de pratique. Profitant de la marée basse et d’une cale bien dégagée, la SNSM nous propose un exercice pas si évident : l’utilisation des feux à mains. Il ne suffit pas d’observer les arrivées des grands navigateurs ou être dans un stade de football pour être à l’aise, la réalité est bien la mise en œuvre d’un engin pyrotechnique (ça chauffe, ça brûle et ça fume). Ce n’est pas si évident de dégoupiller (par 2 fois, les goupilles se sont cassées car on a tendance à tirer de travers). Comme les feux à mains sont des équipements obligatoires, j’encourage tout le monde à percuter un feu au moins une fois (en respectant les règles et en prévenant les autorités locales) : sous le vent, le bras tendu, avec un gant en cuir pour se protéger la main, en évitant de regarder la flamme.


La pratique en mer (sous l’œil du dauphin bien curieux)

Un demi pied dans l’inconnu. Nous nous entraînons souvent à la récupération en eaux profondes, au remorquage entre kayakistes, à l’assistance d’un kayakiste malade (au contact), et à se mettre en radeau. Là, l’exercice est différent, on fait intervenir la vedette SNSM car on n’arrive pas à récupérer le kayakiste tombé à l’eau (puis plus tard, par le semi-rigide du SDIS). L’exercice consiste à ce qu’une personne se mette à l’eau et qu’un autre fasse l’appel de détresse. La météo est bonne (ensoleillé, houle très modérée, vent faible), la température de l’eau de saison mais largement supportable avec nos combinaisons étanches.

  • Le message VHF qui paraissait si simple ce matin n’est plus si fluide. Mayday, mayday, mayday, ici groupe de kayakistes demande assistance, point. Ah oui, pour une personne à l’eau, re-point. [Pouvez-vous me donner votre position ?] Premier exercice, réponse en précisant la position en coordonnées géographiques, deuxième exercice en précisant à quelques grammes de Beg Meil (sic) !!! Aucun reproche mais juste le constat que ce n’est pas si simple de faire un message de sécurité ; imaginez-vous en cas réel, avec le stress et dans un environnement moins docile… Le chef de station SNSM nous conseille d’avoir une fiche réflexe à proximité de la VHF pour ne pas trop réfléchir en cas d’appel de détresse.
  • Pour le naufragé, la récupération par vedette se fait par palan et sangle (en cas de personnes conscientes et ne souffrant pas du dos). Petit rappel, la sangle est passée par le plongeur sous les bras de la victime qui doit, pendant toute la phase de treuillage maintenir les bras le long du corps. (C’est la même position que pour un treuillage par hélicoptère).

MAYDAY – la vidéo de Joël (Breizh Surge)

Le saut dans l’inconnu. Le deuxième exercice consiste à évacuer une personne inconsciente en formant un radeau pour l’extraire de son kayak puis le transférer sur la vedette par civière. Nous n’avons pas trouvé de méthode idéale pour extraire la personne de son hiloire, pour l’allonger sur les ponts des kayaks formant le radeau ; encore moins pour l’installer dans la civière. Heureusement toutes les victimes ont eu des moments de conscience pour aider à la manœuvre car rien n’est simple assis dans son kayak. Et si une personne sort de son kayak pour aider à l’extraire, il faut quand même une bonne musculature et avoir de bonnes notions d’équilibre pour rester agenouillé sur le radeau. De même, sans être brancardier, mettre quelqu’un dans une civière est assez aisée, à terre et à 3 personnes ; dans notre cas, c’est en mer et assis… Puis vient le transfert par le palan de la vedette. Il faut être très vigilant à la plateforme arrière qui est basse sur l’eau mais qui est toujours trop haute pour nos kayaks qui menacent de glisser dessous à chaque mouvement de tangage de la vedette.
Cet exercice a été répété plusieurs fois avec des corpulences de naufragé différentes, avec la présence ou non des plongeurs (après leur intervention). A chaque fois, et comme on découvrait, il y avait beaucoup d’hésitations et de bons conseils de tous. Il nous manquait un chef pour nous guider et fluidifier les échanges dans cet exercice inconnu (Ah le leadership d’un groupe) !
A côté, le semi rigide du SDIS permet de s’entraîner à la récupération directe du naufragé. Le manque de temps ne nous a pas permis de s’exercer au sauvetage d’un kayakiste en zone à risque (proche des rochers).

L’heure du goûter et du débriefing :
Que des sourires et une joie d’avoir partagé nos expériences. Des échanges à chaud, on ne retient que l’envie de refaire ces exercices à l’occasion d’autres journées.
Une certitude, nous nous entraînons souvent à la sécurité entre kayakistes, mais nous connaissons peu les procédures utilisées par la SNSM et le SDIS, d’autant qu’elles peuvent varier en fonction des embarcations utilisées et des préférences de chaque station de sauvetage.
Ces échanges permettent à chacun de mieux appréhender les contraintes des autres (difficile de demander à un kayakiste de se mettre debout et agiter les bras). Comme les nageurs sauveteurs, qui utilisent systématiquement une frite de récupération difficile à attacher par-dessus un gilet de sauvetage.
Pour nous kayakistes, c’est continuer à s’exercer aux messages VHF de détresse et aussi à se familiariser à la présence d’une vedette ou d’un zodiac pour l’intervention.
Une belle première fois, en espérant que cela donne envie à d’autres de reproduire ces exercices.


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