Paimpol, Symposium 2022, que c’était bon !

Nous étions 200 participants.

Retrouver des amis, dont certains sont venus des quatre coins d’Europe, créer de nouveaux liens, enrichir sa pratique du kayak de mer dans une ambiance extraordinairement bienveillante, avec des coachs du plus haut niveau, parlant, français, espagnol, allemand, italien et anglais. C’était ça ! Le tout avec une organisation parfaite, jusque dans les moindres détails.

Rock hopping
Séance de rock hopping (saute-cailloux) à Port-Blanc

Dimanche, lundi et mardi je m’inscris aux ateliers de David Appéré, Aurélien Coffignal, Guillaume Huppert, Jean Marc Terrade et Vincent Achard. C’étaient quelques uns des coachs venus enseigner lors de ce Symposium 2022. Il y avait tellement de coachs et d’ateliers, qu’un participant ne peut pas tout suivre. Pas grave, je suivrai les cours des autres coachs lors des prochains Symposiums.

Je témoigne que, bien que j’ai suivi de nombreux stages en dix ans de pratique, j’ai beaucoup appris cette semaine, même au niveau basique et essentiel du coup de pagaie.

Je termine ce merveilleux Symposium 2022, avec une meilleure maîtrise de ma pratique sportive préférée. Une meilleure maîtrise qui contribue à une meilleure sécurité, y compris jusque dans les nouveaux gestes qui vont préserver le bon état de mes épaules, coudes et poignets.

SNSM Trégastel - Île Grande
SNSM Trégastel – Île Grande

Mercredi, nous partons en petit groupe (5 au total), pour une randonnée avec bivouac, entre Port-Blanc, sur la commune de Penvénan, et l’île d’Aganton, sur la commune de Pleumeur-Bodou (22).

À l’approche de l’île d’Aganton, au lieu-dit « les Peignes », bien que la houle soit faible (20 cm), nous rencontrons des vagues pyramidales d’un mètre. Ces vagues sont dues à la présence d’un haut-fond (les Peignes) conjugué à un vent léger, de 2 à 3 Beaufort, soufflant contre un courant, également léger, alors que nous sommes dans la première heure du flot.
Nous sommes trois à être à l’aise, mais pour deux des kayakistes (du niveau « pagaie verte ») du groupe, les poussées que les vagues exercent sur nos coques – de derrière, de 3/4 gauche, de 3/4 droite, de coté – sont stressantes. De temps en temps, il faut prendre des appuis rapides pour conserver notre équilibre. Peu avant de sortir de la zone agitée, l’une d’entre nous baigne. Je fais rapidement la récupération, pour laquelle j’étais prêt depuis les premières vagues rencontrées : je m’étais placé en queue de groupe pour voir tout le monde et pouvoir intervenir sans délai.

Une fois la récupération faite, je prends du temps (3 à 5 minutes) pour apaiser le léger stress de la baigneuse. Une fois l’aisance revenue, nous reprenons, tous deux, notre route vers le sud. Là, nous ne voyons plus nos trois compagnes de navigation qui ont continué leur route. Je communique alors sur la VHF avec le reste du l’équipe qui est, en principe, devant nous. Voyant que nous nous trouvons maintenant dans une zone calme, j’appelle le reste de l’équipe à faire demi-tour pour un regroupement. Mais, mais … à ce moment, j’ai pour toute réponse un bref cri à la VHF (en fait tout va bien, mais je ne le saurai que plus tard).

Je réfléchis : imaginons qu’elles aient baigné, il est 18h00, la mer est à 10-12°, le jour se couche à 21h, plus j’appelle les secours rapidement, plus il sera facile de les localiser. Elles sont parfaitement équipées, elles ont des gilets de flottaison, de très bons vêtements techniques qui protègent de l’eau et du froid, des VHF et des lampes flash. Il n’y a pas à s’inquiéter, mais mieux vaut faire vite. J’appelle les secours sur le canal 16 avec ma VHF. Le sémaphore de Ploumanac’h me répond, je décris notre situation. Ploumanac’h prend note et m’engage à appeler également le CROSS Corsen par téléphone au 196. J’appelle donc le CROSS, je donne les prénoms des kayakistes sous ma responsabilité mais perdues de vue. Rapidement (en 15-20 minutes, il me semble) le bateau SNSM Trégastel – Île Grande est sur place. Nous venons de retrouver une des kayakistes qui était devant et qui nous a attendu. Alors que je communique avec le CROSS par téléphone, j’apprends que les deux les plus éloignées de nous vont bien et qu’elle se trouvent en sécurité entre l’île Losquet et l’île Aganton. Je situe l’endroit. En fait, nous sommes à quelques centaines de mètres les uns des autres.

Avant de rentrer à la station, le bateau SNSM Trégastel – Île Grande s’assure que nous effectuons la jonction qui réunit le groupe. Peu après, dès que nous avons posé le pied sur Aganton, j’appelle le CROSS pour signaler que nous sommes réunis et en sécurité sur l’île. Tout est bien qui finit bien.

J’ai fait appel aux secours car j’envisageais qu’une partie de mon groupe, hors de vue, était en difficulté. En fait, je l’ai su plus tard, j’avais appelé mes amies kayakistes éloignées pendant les quelques minutes où elles ne pouvaient pas lâcher leur pagaies plus de quelques secondes, sous risque de rater un appui. Si je n’avais pas été inquiété par le cri entendu à la VHF, si je les avais rappelé 5 minutes plus tard ; elles auraient pu me répondre pour me dire que tout allait bien.

Bien sûr, je suis gêné d’avoir dérangé les secours bénévoles pour ce qui n’était qu’une suspicion de danger. En 10 ans de kayak, c’est la première fois que j’appelle le 16 pour demander des secours. D’habitude, j’appelle le 16 pour signaler que nous faisons des exercices de récupération à tel endroit, afin que les passants, qui seraient alarmés par nos bains répétés, ne causent pas de dérangement inutile en nous signalant aux secours.

Mais, cela serait à refaire, au vu des informations que j’avais à ce moment là, je referai la même chose : j’appellerai les secours. J’ai compris qu’au moment de la récupération, celles qui étaient devant nous n’étaient pas assez sûres de leur technique de pagaie pour envisager de se retourner (encore moins de faire demi-tour) et donc, ensuite, de nous attendre. Les trois kayakistes qui nous ont distancé l’ont fait sans savoir que nous étions à l’arrêt, et sans savoir qu’en continuant à avancer, elles divisaient le groupe.

Une fois réunis, je dis à mes compagnes de navigation que, peut-être, nous serions dans le journal le lendemain.

Ce ne sera pas le cas. Mais les nouvelles vont vite : Jean Marc Terrade, identifiant nos kayaks sur une photo de la Station SNSM Trégastel – Île Grande, me demandera par texto si tous nous allions bien. Je l’ai rassuré.

Station SNSM Trégastel – Île Grande

Notre retour le lendemain a été béni par la météo.

Vendredi et samedi, pas de navigation pour moi, je me joins à l’équipe des bénévoles pour la préparation de la soirée crêpes.

La soirée crêpes, qui terminait la journée de vendredi, s’illustrait d’une longue guirlande de visages souriants, de mots bienveillants, de plaisanteries, certains étaient émus. Le président de CK/mer, Jérôme Le Ray, a reçu une chaleureuse, très chaleureuse, ovation de la part des 200 personnes présentes, les bénévoles et le staff ont été longuement applaudis. La tombola, riche en lots, allant du gilet au kayak de mer, en passant par les pagaies traditionnelles, les tops thermiques et les accessoires, a réjouit les nombreux gagnants et aussi les non-gagnants, emportés par une bonne humeur contagieuse.

Jérôme Le Ray (avec la casquette bleue) à la soirée crêpe – Photo de Jean Drouglazet

Merci à mon association, CK/mer, qui me permet de nouer des amitiés, de rencontrer d’autres passionnés de nature, qui me permet d’apprendre, de naviguer plus en sécurité, de faire mieux ; à tous points de vue.

Jef D.

3 commentaires

  1. Salut Jef,
    – C’est ça « être un vrai leader, un chef en qui on a confiance ». C’est ce qu’on apprend en CRM crisis ressources management, en facteurs humains aeronautique ou medical. (mieux vaut un plan B inutile que de persister dans l’erreur). Le breifing avant départ et debreifing final comme tu fais sont indispensables.
    – Formé aux sciences cognitives, je tunnėlise moins mais encore quand le stress est trop fort.
    Tu es un Jedi du kayak. Tu es un exemple à suivre.
    Au plaisir de te lire. très respectueusement,
    Loloalligators,

  2. tu as fais ce que tu pensais le mieux pour le groupe au moment m
    refaire le scenario ne sert a rien, tu ne savais pas, donc la solution était la bonne
    moi, lorsque j’ai appelé les secours, je ne savais pas, mais mon poto était à l’eau
    au plaisir de se rencontrer sur l’eau

  3. Bonjour
    J’étais le patron du bateau SNSM.
    Bravo pour votre comportement, équipement….
    Je préfère être mis en œuvre avec mon équipage pour une fausse alerte qui nous mobilise une petite heure, plutôt que pour une recherche de plusieurs heures à cause d’une alerte tardive .
    👍👍

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