Naviguer dans la baie de Morlaix – Compte-rendu du week-end CK/mer, avril 2023

Naviguer dans la baie de Morlaix – Compte-rendu du week-end CK/mer, avril 2023

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Un beau week-end (29 avril – 1er mai) en baie de Morlaix proposé par Joël Dugay
Un beau compte rendu rédigé par Stéphane Lebreton.

L’âge d’or breton et « Nostalgie »… Naviguer dans la baie de Morlaix (une autre sortie CK/mer)

Camping & Nostalgie

Pour cette nouvelle sortie CK/mer, nous n’étions pas sur le mode bivouac. De toute façon, à treize, ce n’est pas forcément souhaitable de faire le choix de cette pratique. Nous étions donc répartis entre deux campings : le « Ar kleguer » et le « De Trologot ». L’avantage du camping sur le bivouac, outre les douches chaudes et le prêt d’une salle pour l’apéro, réside tout de même dans la bande radio qui tourne en boucle au sein des sanitaires. Curieusement, les deux établissements demeurent figés sur « Nostalgie », sûrement en relation avec l’âge des clients à cette saison. Si bien qu’à chaque départ, nous pouvions partir la tête encombrée par « Ouragan » de Stéphanie de Monaco, « Babacar » de France Gall et autres préciosités de Michel Berger… De quoi se mettre à l’eau. Surtout que ça persiste sur la durée ces airs-là…

Heureusement, le geste mécanique, la beauté des lieux, le mouvement ondulatoire agissent comme autant de bienfaits en nous vidant la tête de toute pollution. Cela a d’ailleurs été énoncé le premier soir entre vin corse et bière bretonne : la pratique du kayak permet de vraiment se déconnecter. Et pour se débrancher, Joël nous a concocté un beau programme sur trois jours.

Jour 1 : Saint Pol de Léon > Ile de Batz > retour par Santec

L’après-midi du premier jour, nous sommes partis de la plage de Ste-Anne, à St-Pol-de-Léon. Nous sommes remontés vers le Nord, passés devant le port du Bloscon à Roscoff, pour débarquer au sud-est de l’île de Batz. Nous avons ensuite longé le sud de l‘île jusqu’à l’embarcadère. Alors qu’au matin, la brume était de mise, elle s’est peu à peu dégagée dans la journée sans pour autant céder vraiment la place. Au loin, Roscoff apparaît irréelle dans un camaïeu de gris. Un peu plus à l’ouest, des volutes épaisses émergent de la mer. De Batz, nous avons progressé vers Santec, au sud-ouest, pour revenir en longeant la côte depuis la presqu’île de Perharidi. La présence de Roscoff s’impose alors, nette, ensoleillée, sortie de son écrin grisâtre. Mais le retour dans la baie devient, à la suite, une nouvelle descente dans la brume.

Jour 2 : Traversée de la baie de Morlaix, d’île en île

Le deuxième jour, Joël a prévu une traversée de la baie de Morlaix, d’île en île. Un passage par l’île Callot est une évidence. Comment ne pas s’arrêter alors pour visiter la chapelle de Notre-Dame ? Les ex-voto, les plaques commémoratives, les maquettes de bateaux : tout rappelle à l’intérieur de l’édifice la présence de la mer. On imagine aisément quel abri la chapelle peut constituer les nuits de tempête. Je serais assez volontaire pour connaître cela…

A l’île Callot succède l’île Verte, puis les deux îles Ricard. Près de l’île Verte, deux phoques nous font la ferveur de leur présence. Ils nous examinent un temps avant de mystérieusement disparaître. A la mi-journée, nous nous arrêtons – je crois – sur la plage de St-Samson pour pique-niquer. Le soleil est bien de la partie ce jour. Il est difficile de s’extraire du sable blanc. La sieste est bien tentante. Nous repartons avant que l’idée ne fasse trop vite son chemin. Pour revenir, notre navigation passe plus au sud, en longeant la côte jusqu’à l’île Stérec. Sur les conseils de Jos, nous déambulons entre l’île Noire, le château du Taureau et l’île Louët.

Nous atteignons le château du Taureau alors qu’une barge débarque une section de touristes et qu’une autre réembarque la précédente. La forteresse n’a certainement jamais été autant prise d’assaut depuis son ouverture au public en 2006. Un paradoxe pour un point qui se veut inexpugnable. En contournant par le sud l’île Louët, nous surprenons une jeune femme allongée sur le rocher. Quelle déception a dû être, pour elle, l’arrivée massive de douze kayakistes. Locataire chanceuse du gîte insulaire, elle a peut-être alors perdu ses espérances de robinsonnade. Je me voyais bien à sa place cependant, avec un bon livre, et le même soleil…

Baie de Morlaix. Photo © Stéphane L.
Baie de Morlaix. Photo © Stéphane L.

Au large, à nouveau l’île Callot. Alors que Joël lâche les chevaux dans un rythme remarqué, je pense à la chapelle. Elle est datée du XVIe s. Finalement, quand on navigue dans la baie de Morlaix, de nombreux points remarquables datent de ce qu’Alain Croix évoquait comme « âge d’or de la Bretagne » et qu’il situait entre 1532 et 1675.

En 1532, la Bretagne accepte son union à la France en échange de la reconnaissance par la couronne des privilèges de la province. En 1689, la monarchie impose la nomination d’un intendant, homme du roi, renforçant ainsi son autorité. Entre ces deux dates, la Bretagne connaît une véritable période de prospérité, sociale, démographique et économique. Celle-ci se traduit en particulier par l’érection des enclos paroissiaux et la restauration ou la construction d’églises. Un certain nombre de clochers que l’on peut percevoir depuis la mer datent de cette époque. De la même façon, le premier fort du Taureau est construit entre 1542 et 1544 grâce au financement de la ville de Morlaix. Il fallait que les Morlaisiens profitent d’une réelle prospérité pour se lancer dans un pareil investissement.

D’une certaine façon, on peut imaginer qu’une partie du paysage que nous avons devant les yeux a été façonnée à cette période. Naviguer est aussi une machine à remonter le temps, sans verser pour autant dans la « Nostalgie »… Non, non, pas France Gall !!!

Baie de Morlaix, Château du Taureau. Photo © Stéphane L.
Baie de Morlaix, Château du Taureau. Photo © Stéphane L.

Jour 3 : Surf à Saint-Efflam

Le troisième jour, nous nous sommes déportés à la pointe de Beg Douar pour nous entrainer au surf sur la plage de St-Efflam. Les vagues sont peu importantes : les conditions sont parfaites pour nous initier à l’exercice. Pédagogue, Joël nous a accompagné de ses conseils, faisant régulièrement le point.

Alors, bien sûr, je n’ai pas parlé des soirées avec les traditionnels apéros de CK/mer – mais c’est une évidence – avec les histoires qui se racontent alors… D’ailleurs en deux soirs, nous n’avons pas éclusé toutes les bouteilles qui ont été apportées. C’est dire le nombre…

Et puis, mais j’ai l’impression de me répéter, CK/mer c’est le plaisir de faire des nouvelles rencontres et de se retrouver. Vraiment quelle association ! Merci encore à Joël pour nous avoir fait découvrir ce nouveau territoire côtier.


Pour suivre l’actualité de ck/mer et du kayak de mer

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