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Nautiraid – Un groenlandais démontable : le Narak

Voici le dernier né de chez Nautiraid : le Narak. C’est un kayak de rando qui a des lignes groenlandaises à bouchains vifs. Comme tous les Nautiraid, il est démontable. Il sera équipé de réserves de flottabilité qui lui permettront de passer les tests d’autocertification de la division 240. Le bateau de série sera officiellement présenté lors du Grand Pavois de La Rochelle du 15 au 20 septembre 2010. Le kayak pourra être essayé en mer et en piscine. Plus d’infos ci-dessous :

Le Narak de chez Nautiraid
par Guillaume Fatras

Le Narak sera le prochain kayak à enrichir la gamme Nautiraid. Le chantier mayennais voulait un nouveau kayak de mer et avait présenté au Nautic de Paris en décembre 2009 un premier prototype baptisé Eskimo 550. Après essais, Nautiraid est parti dans une tout autre direction en abandonnant la coque en formes au profit de bouchains.

Le postulat de départ pour le Narak est le suivant : faire un kayak de mer pliant au plus près des racines inuit mais qui puisse faire de la rando. Le seul fait d’évoquer des racines inuit (souvent galvaudé dans le kayak, hélas) implique des impératifs nouveaux pour Nautiraid dont les bateaux sont traditionnellement destinés aux expéditions lourdes. Le Narak devait avoir les qualités d’un kayak de chasse : rapide, avec des qualité marines affirmées, aimant le rase-cailloux et esquimautable. Pour ce faire, nous sommes partis sur une longueur de coque de 5,50 m (57 cm de large) et des bouchains prononcés à la manière d’un Anas Acuta ou d’un Pétrel. Gérard Cousin, chef d’atelier de Nautiraid, a dessiné le bateau sur les conseils de Guillaume Fatras.

Parce que Narak veut être un kayak traditionnel, la structure est en CP marine et en frêne (de France), toutes les lattes étant débitées dans des grumes à la menuiserie Nautiraid. Grâce au savoir-faire de Gérard Cousin, la peau a été réussie dès la première coupe, si bien que le Narak a pu être mis à l’eau pour ses premiers essais dans le Trégor au mois de mai.

En mer le Narak s’est très bien comporté, faisant preuve d’une grande stabilité sur la gîte, tournant court et – soulagement – se montrant fort équilibré au vent. Divers gabarits sont montés à bord et le kayak est même resté dans ses lignes avec un pagayeur de 92 kg. Le Narak est en tout cas une réussite esthétique, il fait tourner les têtes partout où il croise.

Ces premiers tests ont mis en lumière la nécessité d’une meilleure mise au point des calages intérieurs, un domaine compliqué sur un « skin-on-frame » d’autant plus quand il est démontable. Cette particularité avait dicté dès le départ l’adoption d’une grande hiloire (empruntée au Greenlander) de 95 cm de long : on ne peut plus rentrer les pointes à l’intérieur de la peau avec une hiloire plus petite ! Cette « entorse » à l’architecture traditionnelle du kayak groënlandais facilite la montée à bord mais il est plus difficile de se caler les genoux. Nous avons alors développé un « triangle » qui fait office de cale-genoux et un nouveau siège gonflable sur les côtés pour caler les hanches. Enfin, qui dit kayak de rando dit possibilité d’emporter au sec son matériel. Nautiraid a pris le parti d’équiper le Narak de gonfles sur-mesure munies d’un large zip étanche, emprunté aux sacs étanches fabriqués pour les commandos de marine. Ainsi, on charge sa réserve de flottabilité au niveau de l’hiloire et grâce à un système de poulie on l’enfile dans la pointe. La réserve se gonfle à la bouche, flottabilité et emport sont assurés. Ces réserves de flottabilité dont les coutures seront thermosoudées seront homologuées CE et permettront au Narak de passer les tests d’autocertification de la division 240 au mois de juillet.

Avec le Narak, Nautiraid veut faire la synthèse entre kayak « trad » et pratique moderne.

L’intérêt suscité par un vrai kayak de mer pliant est bien réel et Feathercraft, le concurrent de la côte pacifique du Canada, avait montré la voie avec son Khatsalano (à structure alu) malgré un tarif salé (+ de 5000 $). L’approche de Nautiraid est singulière dans le sens où elle se tourne vers le kayak traditionnel avec des matériaux traditionnels. Aujourd’hui, si des kayaks de mer de série d’autre marques peuvent revendiquer une forme groënlandaise, il restent des bateaux en plastique. Une peau, une structure en bois c’est le fondement du kayak arctique et aussi le savoir-faire depuis 1936 (elle s’appelait alors Chauveau) de la plus ancienne marque de kayak française. Bref, le Narak était une évidence pour Nautiraid, mais il a fallu attendre 2010 pour qu’il devienne réalité.

[GL]