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KayakWiki en français – Kayak blog d’Oli

Nouvelles « Kayak-blog d’Oli » / KayakWiki en français : « J’avais déjà parlé de Kayakwiki, cette encyclopédie collaborative sur le kayak. J’ai commencé la traduction des articles de premier niveau et j’ai communiqué sur ce sujet dans le bulletin de CK/mer et sur le forum kayakdemer.eu. Quelques bonnes intentions s’étaient manifestées mais elles se sont limitées aux intentions […] » (extrait). [GL]

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Articles CK/mer en ligne

Nous vous proposons sur ce site, colonne de droite à "Extraits des bulletins", des articles du bulletin CK/mer écrits par des kayakistes pour des kayakistes. Le bulletin, de 28 à 60 pages, paraît 4 fois par an et est envoyé aux adhérents : 114 bulletins sont déjà parus. Les adhérents peuvent également commander le CD Rom des 100 premiers bulletins, qui est une mémoire riche et souvent émouvante des expériences et des engagements de tous les adhérents depuis 26 ans. [GL]

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Generale

N'hésitez pas à visiter notre rubrique consacrée aux extraits des bulletins précédemment parus.

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Techniques d’intervention et de sauvetage en kayak de mer

La première sécurité en kayak de mer consiste à faire des choix pertinents de navigation. Cependant, un jour ou l’autre, chaque kayakiste peut se trouver face à des situations qui exigent de maîtriser les techniques d’intervention et de sauvetage. Il est donc indispensable de s’entraîner à ces gestes de sécurité. A voir 2 documents signés de l’UKA (Union des Kayakistes de l’Auberge – Auberge de Jeunesse, Château de Kerraoul, 22500 Paimpol). :  Techniques d’intervention et de sauvetage en kayak de mer . [GL] 

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Tour de Bretagne en kayak

Article paru dans le bulletin n° 110, p. 15 à 24. 

… Partir par l’ouest, revenir par l’est

… La Bretagne est une île

– Journal de bord –

Photos J.M. Janvier et Josée Conan

Aquarelles Josée Conan

Jour 1 – Vendredi 24 juin 2005 : « bonne route… »

Cléder, environ 10 milles.

9h30. Nous larguons les amarres dans le petit port de Pempoul, sur une mer plate, avec comme spectateurs quelques pêcheurs locaux ainsi que mon frère et notre vieille maman visiblement émue de voir son fils partir une nouvelle fois sur la mer immense.

Pour commencer, nous faisons route vers Bloscon, le port en eau profonde de Roscoff.

Un brusque renforcement du vent nous surprend. Josée, perturbée par le comportement de son kayak gréé avec la voile bleu azur dite de « beau temps » (trop de vent de travers, bateau trop ardent) choisit de plier sa voile. Immédiatement la différence entre l’absence de sa voile et la présence de la mienne se fait sentir, c’est la démonstration sans appel de l’efficacité du système. Josée ne voulant pas rester à la traîne change de stratégie et hisse sa voile « médium », puis nous repartons à fond.

Le chenal de Batz est embouqué à super grande vitesse grâce au jusant de vive – eau du jour. Dans le dédale des rochers de Santec le courant de marée n’est plus sensible. C’est en face de la jolie entrée de Port Neuf, après Moguériec, que Josée demande à faire escale. Partie trop fatiguée, trop précipitamment aussi, elle a un irrépressible besoin de dormir. Le remède est simple, il faut écouter le message et stopper.

Arrêt dans le petit port de Kervaliou avec seulement 10 petits milles au compteur. Nous avons toujours le phare de l’île de Batz en vue, qu’importe, l’essentiel c’est d’être partis, demain nous serons plus efficaces.

Un inspecteur des affaires maritimes vient voir nos kayaks abandonnés sur la plage avec tout notre barda étalé en vrac. Je m’approche, une petite conversation s’engage :

– C’est à vous ?

– Oui.

– Bien équipés vos kayaks, que faites-vous ?

– Le tour de Bretagne.

L’inspecteur, nullement impressionné, répond :

– Très bien, je vous souhaite une bonne route.

Pendant la sieste de Josée, c’est marée basse. Je m’occupe en pêchant la crevette. Elles sont introuvables dans un premier temps. Finalement je finis par les débusquer en observant la technique d’un ancien qui s’attarde autour des petites mares.

Lionel nous rejoint le soir (quelques minutes de voiture pour 3 heures de pagaie, c’est rude !). Son sens du commerce toujours en éveil, il troque un de nos melons contre une dizaine de petits lieus jaunes fraîchement pêchés par un chasseur sous-marin. L’homme fatigué, après 4 heures passées dans l’eau, avale le melon et Lionel est ravi de déguster des poissons grillés en  contemplant un beau paysage marin rempli de la promesse d’un beau lendemain.

Jour 2 – Samedi 25 juin : Goémoniers du pays Pagan et droit à la bannette.

Kélerdut (île Vierge), environ 24 milles.

Ambiance humide et grisaille dés le matin. Nous bénéficions jusqu’à Plouescat du contre-courant côtier, puis, après Brignogan, le jusant nous pousse allègrement vers l’ouest.

Escale du midi au cœur du pays Pagan, nous découvrons à Ménéham le chantier de restauration d’un village de goémoniers.

Nous y rencontrons Jean Broda, une vieille connaissance kayakiste, devenu membre d’une troupe de comédiens. Ils sont en pleine préparation de leur grand spectacle « son et lumière » qui se déroulera en milieu naturel, intitulé « la fille du goémonier ».

Le discours de Jean est sans équivoque : sa côte est la plus belle et la plus intéressante de toute la Bretagne. Jusqu’à l’île Vierge, la côte du pays Pagan, appelée aussi « côte des naufrageurs », peut rapidement devenir inhospitalière. De nombreuses têtes de roches affleurantes peuvent lever de grosses déferlantes. Naviguer dans ces parages avec du vent frais de nord ouest est une entreprise risquée. Pourtant, par temps maniable comme aujourd’hui, c’est complètement différent. Nous glissons au dessus de grandes et belles étendues de sable couvertes d’eau couleur lagon dans un décor de blocs granitiques sculptés par la mer : c’est de toute beauté. Près de Guissény, le semis de roches forme un labyrinthe particulièrement remarquable.

Bref, notre navigation est variée et agréable, toutefois la fatigue se fait sentir et nous apprécions d’atteindre la cale du petit port de Kélerdut bien abrité en face de l’île Vierge.

C’est la marée montante et avec elle le retour au port des goémoniers des temps modernes. Le travail reste manuel, 5 ou 6 heures sont consacrées à la cueillette du fameux « goémon blanc ». Une journée de travail rapporte en moyenne 50 euros à ces amateurs de sensations humides et d’horizons maritimes.

En ce début de randonnée au long cours, Josée est prudente : elle gère sa fatigue. Dès 21h00 elle réclame le droit de faire « bannette ».

Jour 3 – Dimanche 26 juin : l’hybride du chenal du four et le goéland Janvier.

Porz Illien (Conquet), environ 27 milles.

A 8h00 nous embarquons, cernés par un brouillard épais. Un ancien nous lance « où allez-vous avec vos « pères la vie » » ?

Un pêcheur est fier de nous montrer le « bleu » (homard) découvert dans un casier retrouvé grâce à la technologie de son GPS

C’est un plaisir de traverser sans visibilité l’Aber Wrac’h transformé en labyrinthe d’îles et d’îlots. La mer est haute, nous longeons les dunes de la presqu’île de Sainte Marguerite : de grandes étendues de sable couvertes de peu d’eau offrent une nouvelle fois l’image d’un lagon digne des mers du sud. Nous prolongeons le plaisir de naviguer sur ces eaux translucides en rasant au plus prés toutes ces anses et toutes ces roches.

Le vent se renforce. Avec les voiles « tempêtes » nos kayaks vont très vite sans effort. Sous la grisaille environnante, la côte paraît rude, inhospitalière. Josée s’imagine dans l’Irlande des tempêtes. Ici aussi, le long de ce rivage, l’homme a su s’adapter et s’incruster dans le littoral en aménageant une multitude de mouillages accessibles aux seuls canots de pêche locaux assez téméraires pour défier  les nombreux écueils.

A midi, nous rentrons dans l’Aber Ildut, c’est une découverte pour Josée. Le soleil fait son apparition, un peu de chaleur nous réchauffe la couenne. Le pique-nique préparé par Josée est trop spartiate à mon goût : œufs et pain dur.

La brume nous quitte définitivement, le vent d’est aplatit la mer, les conditions de mer deviennent hyper favorables pour avaler à grande vitesse les milles du chenal du Four.

La pointe Corsen en vue, déjà ! Je scrute l’horizon, ah je le vois : l’étrange hybride se profile à l’horizon avec sur l’avant une sorte de métronome qui agite l’eau régulièrement et, à l’arrière, se dresse une aile de papillon. Le rendez-vous était organisé, nous rencontrons Eric et Philippe les inventeurs de nos petites voiles. Nos deux compères sont en pleine action de pêche, pas de chance pour eux, un goéland nommé Janvier rafle la totalité de leur pêche, soit deux maquereaux. La rencontre est chaleureuse et se prolonge à terre à la plage de Pors Illien recommandée pour le bivouac de ce soir par nos deux gaillards.

Ah, le plaisir du bain après une longue séance de pagaie ! C’est la meilleure kinésithérapie qui soit, le massage est total, naturel, vigoureux. Les articulations se refroidissent et, ce qui ne gâche rien, ça lave !

Sans transition, nous passons d’une journée de mer intense remplie d’émotions, à l’ambiance détente d’une après-midi à la plage.

La nuit, un gros orage éclate, la pluie tambourine notre tente avec insistance. Cela ne décourage pourtant pas quelques irréductibles pêcheurs noctambules occupés à gratter le sable.

Jour 4 – Lundi 27 janvier : migration de talitres et Léviathan des mers.

Pen Hir (Presqu’île de Crozon), environ 16 milles.

Au réveil nous observons une hallucinante migration de puces de mer, ce sont de minuscules crustacés appelés également talitres. Elles trottinent et sautillent vers la mer en rangs serrés. Je me souviens maintenant qu’après l’orage notre tente semblait être devenue un toboggan à puces. De plus, la porte de la tente restée légèrement ouverte a permis à un certain nombre d’entre elles de venir nous chatouiller les naseaux !

Dès le matin, les risées sont fortes, j’opte pour la voile tempête numéro 2 (d’une hauteur de 60cm). Je note qu’elle imprime un bon comportement au kayak. Josée, encore une fois, trop gourmande, choisit la voile « médium », mais erreur : trop de toile par rapport au vent rend le bateau ardent et les manœuvres deviennent difficiles.

Nous franchissons la pointe de Kermorvant à contre-courant. Josée réussit un virement de bord impeccable en remontant sa dérive au bon moment. A son air satisfait, je vois qu’elle est fière de sa manœuvre réussie au ras des roches.

Bout au vent, nous rentrons dans la rade de Brest. A la pointe de Créac’h Meur, nous prenons un cap au 120 pour une traversée de 5 milles qui nous conduit jusqu’à la pointe du Tourlinguet agitée par le vent et le courant.

Pendant la traversée nous croisons une vedette des douanes. C’est une décharge d’adrénaline qui nous saisit à l’instant où la puissante vedette vire de bord pour faire route droit sur nous. Le Léviathan des mers s’octroie une longue pause d’observation puis finalement décide de reprendre sa route initiale. Ouf soulagés, même si nous sommes « clean » avec nos cartes de circulation toutes neuves. Je reconnais qu’avec nos voiles nous offrons de loin un étrange spectacle.

Crozon, les hautes falaises de la presqu’île éclairées par le soleil sont toujours aussi magnifiques, respect Dame Nature ! Le vent persiste, nous estimons que la plage de Pen Hir située juste après les célèbres Tas de Pois sera une bonne position de départ pour demain.  Déjà le Raz demain, je n’en reviens pas !

Je me sens en pleine forme à l’arrivée après juste 16 petits milles de pagaie et de voile. Je repars aussitôt pour une chasse sous-marine autour des Tas de Pois. C’est facile de cueillir une godaille de moules. Par contre je dois batailler ferme pour capturer deux modestes vieilles. Le soir, je suis  complètement rincé après cet exercice supplémentaire.

Jour 5 – Mardi 28 juin : Le Toul Bihan et rencontre des Capistes.

Bestrée (pointe du Raz), environ 20 milles.

Nous longeons la falaise rendue lugubre par la pluie et la brume jusqu’au cap de la Chèvre. Le vent du sud nous ralentit pendant la traversée de la baie de Douarnenez. La mauvaise visibilité aidant, l’exercice s’éternise jusqu’à en devenir pénible. C’est avec soulagement que nous  faisons halte dans la crique de Brézellec située avant la pointe du Van. L’abri a une particularité notable : nous ne trouvons pas d’endroit pour débarquer, le « port » est simplement équipé d’un escalier et comme il n’y a pas non plus d’espace suffisant pour entreposer des annexes individuelles, c’est à un petit canot d’usage collectif que revient la tâche de faire la navette de l’escalier jusqu’aux différents bateaux mouillés dans l’abri.

Pour nous relaxer nous débarquons dans un des petits canots. Nous avalons notre repas composé de la sempiternelle semoule de couscous agrémentée cette fois avec des morceaux de vieille cuits au citron, le tout est, comme d’habitude, arrosé d’un thé chaud.

La réalité nous rattrape, nous avons 2 heures de retard sur le « timing » prévisionnel. La marée au Raz n’attend pas les retardataires. Le soleil de retour recharge nos batteries internes. Nous arrivons facilement aux abords du raz et constatons que la renverse du courant est commencée. Pourrons nous franchir le Raz en empruntant l’étroit passage du Toul Bihan ?

Le Toul Bihan c’est très court, mais violent et beau. Nous parvenons à remonter la veine de courant formée sur à peine quelques mètres, un virage sur bâbord toute et le Raz est derrière nous à notre plus grande satisfaction. Alors, pour faire plaisir à Josée, bien que le débarquement soit délicat pour nos kayaks chargés, je propose une escale dans le port étonnant de Bestrée.

Nous sommes aidés pour remonter les kayaks le long de la cale très pentue, puis nous faisons connaissance avec l’équipage de l’unique bateau de pêche professionnelle de ce petit port le plus proche du Raz. Le premier contact est plutôt « rugueux », nous sommes identifiés comme gênants simplement parce qu’ils ont besoin de toute la place disponible pour travailler (étaler, nettoyer, ranger les filets). Très vite nous trouvons un arrangement à l’amiable, le sourire de Josée est sûrement pour quelque chose et le mot de passe « je suis un copain de Didier Plouhinec » fonctionne aussi.

Puis chacun vaque à ses occupations :  pour nous baignade, sieste et photos, eux boulot autour des filets. Ensuite, nous avons papoté un max, parce que en réalité ils étaient curieux de nous et réciproquement. Nous découvrons que derrière ces visages rudes se cachent des âmes bonnes, simples et sensibles. Nous pouvons témoigner également qu’ils sont durs au labeur, si vous voulez vous joindre à eux, pas de problème, ils embauchent jusqu’à 85 ans !

Bestrée a été une bonne escale et je garde aussi en mémoire l’étonnante saveur du tartare d’algues confectionné avec les algues du Cap et les excellentes pinces de crabe dormeur reçues en cadeau.

Le Raz est franchi, c’est bien, mais nous ne sommes pas tirés d’affaire pour autant. Demain la traversée de la baie d’Audierne nous attend. Le vent va passer à l’ouest, sud-ouest 3 à 4 beaufort avec houle de 1,50 mètres. Ca devrait normalement le faire mais je suis tout de même inquiet.

Jour 6 – Mercredi 29 juin : Les écueils de la baie d’Audierne.

Port Saint Pierre (Penmarc’h), environ 30 milles.

Nous prenons notre petit déjeuner dégoulinants de pluie en face de la nombreuse troupe venue prêter main forte pour le nettoyage des filets. Jusqu’au Loch, nous progressons à contre-courant en longeant la falaise. Le vent et la houle sont au rendez-vous, encore une fois la voile est une précieuse alliée et soulage vraiment nos efforts.

La mer nous brasse copieusement toute la matinée. L’escale à Pors Poulhan située à mi-route dans la baie d’Audierne nous requinque bien. Je suis vraiment fatigué de me faire secouer comme un prunier, Josée remarque bien mes hésitations. A sa manière, elle m’exhorte à repartir en me lançant un regard noir signifiant que ce n’est pas le moment de baisser les bras. C’est vrai, demain sera pire et puis, vu du rivage, avec le soleil revenu, la mer offre un visage plus accueillant. Un pêcheur très figure locale, charentaises aux pieds et gros cigare au bec monte à bord de son annexe. Il nous renseigne :

– Pas de problème, longez le bord, surtout n’allez pas au large, il y a du courant… C’est juste à côté.

– Et vous sortez aujourd’hui ?

– Non, il fait trop mauvais !”

Nous retrouvons notre marmite bouillonnante, avec du soleil elle est supportable, par contre suivre le rivage se révèle être une entreprise scabreuse, aléatoirement des déferlantes se lèvent devant nous.

Nous reprenons le large avec le phare d’ Eckmühl en ligne de mire 3 heures durant. Au large, avec la profondeur retrouvée, la mer ne déferle plus et nous profitons mieux du courant. Malgré cela, Eckmühl ne se rapproche pas vite. Notre persévérance est mise à rude épreuve. A proximité de la pointe de la Torche la renverse de courant freine brutalement notre progression et nous oblige à rejoindre le rivage. Je lis nettement les effets de la fatigue sur le visage de Josée, je ne veux pas l’obliger à continuer mais sa décision est irrévocable : nous ferons ce soir les 6 milles qui nous séparent encore de Port Saint Pierre.

La pointe de Penmarc’h est interminable : il a fallut lutter contre les courants puis éviter les bateaux de pêche qui rentraient tous en même temps au port. Après toutes ces heures d’efforts, c’est un grand bonheur d’aborder par le sud le grand phare d’Eckmühl. Nous montons la tente au pied même du phare. La soirée est pluvieuse et ventée, mais, bien restaurés avec les meilleurs jokers de notre cambuse, nous retrouvons le moral: nous avons échappé aux écueils de la baie d’Audierne et nous avons gagné les mers du sud !

Jour 7 – Jeudi 30 juin : “Danse sur les vagues”.

Ile Tudy, environ 13 milles.

La météo est exécrable ce matin, un vent de force 6 du sud-ouest blanchit la mer. Nous attendons que la mer monte assez haut avant de tester notre stratégie qui va consister à pagayer en bordure de côte sous la protection des premières bandes rocheuses. Notre système nous permet de sortir de la zone de port Saint Pierre en restant à l’abri, puis nous devons tout de même nous exposer à la houle et alors là, c’est du costaud, particulièrement aux abords de Kérity. C’est le premier vrai test de notre voile tempête. Le constat est étonnant, la voile tempête imprime au kayak une allure de “fuite” intéressante. Au lieu d’être brassés, parfois déstabilisés, voire stoppés comme cela se passe dans des mers agitées, nous sommes constamment poussés, de plus notre vitesse nous procure un excellent passage dans les vagues. L’économie d’énergie est appréciable du fait que la pagaie est utilisée soit pour donner une légère propulsion supplémentaire, soit pour glisser simplement, à plat sur l’arrière. Notre sentiment de sécurité dans ce type de mer augmente largement. Bref, nous “dansons sur les vagues”.

Malgré tout, Josée paye les efforts de la veille : fatiguée, elle demande à s’arrêter. Nous débarquons sur la plage de l’Ile Tudy. Elle s’endort aussitôt dans ses vêtements trempés. Je monte la tente au dessus d’elle pour l’abriter.

Port Tudy n’est pas un lieu débordant d’animation. D’après une habitante, en dehors de la belle église, de la plage et des bistrots, point de salut !

Le soir la mer est toujours moutonnante, Josée calme et reposée fait son aquarelle quotidienne, tout va bien.

Jour 8 – Vendredi 1er Juillet : Le Cap Horn breton, mythe ou réalité ?

Pouldohan (Concarneau), environ 12 milles.

Le mauvais temps persiste, pluie et vent force 5 avec rafales sous grains. Nous entrons en contact avec le sémaphore de Beg Meil. La vigie nous met en garde pour le passage de la pointe de Trévignon et nous informe également d’une amélioration météo pour le lendemain.

L’avertissement m’incite à la prudence, j’ai en souvenir le propos d’un marin qui qualifiait la pointe de Trévignon de “Cap Horn breton”. Mythe ou réalité ?

Après la traversée houleuse de la baie de Concarneau, nous décidons de ne pas vérifier la réputation de la pointe de Trévignon. Nous mettons un terme à notre étape du jour en pénétrant dans la petite ria de Pouldohan. La transition est infiniment douce, l’anse très verdoyante affiche un air de campagne. Nous remontons jusqu’au delà d’un moulin à marée et finissons notre trajectoire dans les roseaux d’un étang.

Je profite du calme de cette petite ria pour pêcher au lancer. Rapidement je capture deux bars en agitant un petit “Sammy” en bordure des fucus.

La pluie a la bonne idée de cesser et la soirée devient douce dans un cadre à la fois champêtre et maritime.

Jour 9 – Samedi 2 juillet : Chirurgie sans anesthésie.

Pont Aven, environ 30 milles.

La journée commence très bien : le gardien – jardinier de la modeste propriété de 11 hectares en bordure de laquelle nous avons dormi nous offre des légumes de son potager : pommes de terre, carottes et betteraves remplissent un caisson.

Ensuite, petit bémol, erreur de trajectoire sur sol vaseux, le chariot s’enlise et pour couronner le tout je m’enfonce une superbe épine dans le pied. Heureusement le cabinet médical “Galorn” tenu par l’infirmière en chef Josée est ouvert 24 heures sur 24, l’infirmière m’opère sur le champ de vase sans anesthésie.

Le vent est faible, nous arrivons sans encombre à l’entrée de l’estuaire de l’Aven. Nous profitons du courant du flot pour remonter la rivière jusqu’au terminus : la ville de Pont Aven !

Pendant deux petites heures nous devenons touristes parmi la foule des touristes. Les galeries de peintres sont nombreuses, il faut souligner que Van Gogh et Gauguin ont séjourné ici. Les célèbres galettes sont également incontournables.

Avec un jusant aussi puissant que le flot, nous retrouvons rapidement la mer, avec la certitude que les rias de Bretagne valent à elles seules le détour tellement elles distillent un sentiment de calme dans leur écrin de verdure.

La bonne météo du jour nous incite à continuer notre route. Le soir, harassés, nous débarquons à Moëlan avec la satisfaction d’une journée bien remplie.

Jour 10 – Dimanche 3 juillet : “Je me dis qu’elle m’aime toujours”.

Isthme de Quiberon, environ 30 milles.

Navigation calme le matin et, à midi, nous débarquons à Larmor-Plage.

L’après-midi la petite brise se transforme en vent et nous oblige à réduire notre voilure. Après la pointe de Gâvres, nous découvrons une immense plage de sable rectiligne.

La barre située à l’entrée de la rivière d’Etel déferle, nous continuons notre chemin et nous décidons de mettre le cap sur l’isthme de la presqu’île de Quiberon. La mer se creuse de plus en plus, de nouveau c’est l’ambiance “danse sur les vagues” qui domine. La voile tempête redevient atout majeur.

Notre atterrissage se précise. Vue de nos kayaks la zone située près de la forteresse semble la plus abordable.

Nous voici dans la zone de déferlement des vagues, Josée perd son chapeau, je le repêche, puis pendant mon opération de “démâtage”, la canne me servant de mat m’échappe des mains et tombe à l’eau, heureusement retenu par la garcette sauf que la dite garcette (la garce) se coince dans la dérive. Par une contorsion, je parviens à récupérer mat et voile, ensuite, apercevant une zone plus calme, j’atterris en douceur. A 100 mètres de là, j’aperçois Josée occupée à écoper son kayak. Elle a eu moins de chance que moi et elle a chaviré. Mais bon, apparemment rien  de perdu, même pas son sourire inoxydable.

Repérage de l’isthme à pied, j’aperçois un groupe de kayakistes, gentiment ils acceptent d’être réquisitionnés pour porter nos kayaks jusqu’à la route. Nous chariotons jusqu’à une petite cale située du côté sous le vent. La circulation routière est hallucinante, nous assistons à un dépassement dangereux qui aurait pu mal finir. Enfin nous pouvons rechercher un bivouac convenable.

Toutes ces émotions m’ont bien amusé. Par contre, j’ai l’impression que Josée est plus que calme et qu’il ne faut pas en rajouter. Je reconnais que l’étape a été plutôt longue et rude et, au moment de débarquer, curieusement, elle n’est plus d’une humeur commode mais bon, je me dis qu’elle m’aime toujours…

Jour 11 – Lundi 4 juillet : Mers du sud à la sauce alizés.

Port du Crouesty, environ 16 milles.

Le vent est fort dès le matin, nous traversons la baie de Quiberon puis longeons la côte depuis Carnac jusqu’à la Trinité où nous faisons notre escale du midi. L’après-midi, le vent forcit encore. En face de l’entrée du golfe du Morbihan, la mer est blanche d’écume, notre allure, dite “de fuite”, devient à mon goût à la limite du raisonnable.

La situation se gâte vraiment à la pointe située juste avant le port du Crouesty. La mer se met à déferler de tous les côtés. En surf sur les vagues, je réalise que je fais marche arrière par rapport à la côte toute proche. Josée réalise également la situation critique et crie affolée :

– Qu’est-ce qu’on fait ?

– Un bac, on s’écarte du bord !

S’écarter pour avoir plus d’eau, moins de courant, plus de sécurité…

La manoeuvre réussit, nous parvenons à nous réfugier dans le port du Crouesty. Josée me dira ensuite qu’à plusieurs reprises elle a bien cru chavirer. Nous avons fait une réelle erreur d’appréciation du courant (je le croyais essentiellement perpendiculaire entrant dans le golfe au flot, en fait il remonte également par le sud).

Sous le coup de l’émotion, nous prenons également l’engagement de faire quelques séances de vagues pour affûter notre technique de pagaie, nous nous sommes sentis limite sur ce coup là ! Et puis il y avait trop de vent également. Nos kayaks, eux, sont vraiment très bons !

Après ces émotions fortes nous sommes assis à l’abri du vent sur la plage, nous sommes témoins de l’effervescence qui règne dans le secteur. La SNSM rentre avec, en remorque, un bateau à moteur, puis un grand nombre de voiliers rentrent précipitamment, nous imaginons que la régate a été interrompue par le coup de vent. Quelques voiliers tentent  de sortir du port mais la plupart ne parviennent pas à dépasser la première balise du chenal ; bien secoués ils préfèrent faire demi-tour.

Le deuxième plus grand port d’Europe n’offre pas de commodités pour les nomades de la mer que nous sommes. Parti à la recherche d’eau, je contourne le port (longue marche) sans réussir à trouver un point d’eau accessible. A la capitainerie, le bulletin météo du jour affiche de possibles rafales de vent jusqu’à force 8, c’est peut-être ce que nous avons subi sur l’eau ? La prévision pour les prochains jours n’est pas meilleure : nous mangeons la mer du sud à la sauce « alizée » !

Le Crouesty ? C’est juste un gigantesque parking à bateaux et des quais farcis de boutiques “attrape -touristes”, ainsi que des villas planquées derrière des hauts murs et des portails électriques…

Jour 12 – Mardi 5 juillet : Des squatters dans notre tente.

Pointe de Penvins, environ 12 milles.

Eole nous permet de passer facilement la pointe de Grand Mont avant de reprendre son souffle. Ensuite, tout le long du trajet, nous sommes copieusement arrosés et poussés jusqu’à la pointe de Penvins. Nous atterrissons sous un ciel menaçant ; la mer est verte, ourlée de crêtes blanches.

Penvins, l’escale technique est très appréciée. L’ami Denis est ravi de nous recevoir dans sa maison de vacances toute neuve. Nous retrouvons le confort moderne. Ce soir là nous dormons dans un vrai lit, tandis que les enfants de Denis et Marie -Annick sont ravis de squatter notre tente.

Jour 13 – Mercredi 6 juillet : Passage de l’eau salée à l’eau douce et rêves de mers oubliés.

Foleux : 15 milles (jusqu’au barrage d’Arzal) + 15 kilomètres de rivière.

Nous quittons Penvins avec une tenue de mer qui sent bon le propre et aussi avec le ventre trop plein.

Progressivement l’eau s’assombrit et finit par devenir couleur chocolat.

Le courant du flot est vraiment puissant, le paysage campagnard défile à toute vitesse. L’estuaire de la Vilaine est bordé de larges vasières avec le soleil en trompe-l’oeil nous arrivons même à nous échouer sur les bancs de vase !

Des concessions ostréicoles et des bouchots sont installés sur les rives. Je m’approche du bord pour observer ces gens de mer inconnus de ma culture marine. Couverts de boue de la tête aux pieds, ils “touillent” la vase à genoux tout en ayant les pieds fixés sur des sortes de raquettes. Ils traînent un petit traîneau accroché à la taille qui permet de déposer les coquillages. La personne la plus proche m’explique que toute l’année ils ramassent coques et palourdes, de 30 à 120 kg par jour. D’un geste mon interlocuteur ôte sa coiffe couleur de vase et je vois une abondante chevelure blonde se répandre, j’en reste pantois…

Arzal : au détour d’un ultime méandre le grand barrage apparaît. Plutôt que d’attendre deux heures le prochain éclusage, nous trouvons une petite cale facile d’accès et un petit chariotage nous transporte côté Vilaine. Avec une certaine jubilation nous glissons entre des roseaux, ça y est, nous sommes dans la Vilaine !

C’est comme un monde nouveau qui s’offre à nos yeux : l’ambiance générale est très maritime tant la flottille de canots et de voiliers est importante. Je note également que de nombreux voiliers battent pavillon britannique. Le soir, nous arrivons à Foleux, toujours accompagnés de cet atmosphère marine. Les pontons sont bondés de voiliers, j’imagine que beaucoup de rêves de mer finissent oubliés le long de ces parkings à bateaux.

Un plaisancier, absorbé par le fignolage de son rêve de mer (rejoindre les Açores l’année prochaine) me confie :

“La Vilaine est surtout un vaste réservoir d’eau potable pour le bassin rennais. La plaisance est tolérée parce qu’elle rapporte de l’argent. Quand le niveau d’eau baisse, il n’est plus question d’écluser et nous ne pouvons plus sortir en mer”.

En même temps, il me donne son astuce pour avoir un beau vernis : poncer entre les couches avec du papier de verre à l’eau en utilisant du white spirit à la place de l’eau.

Jour 14 – Jeudi 7 juillet : Vilaines pirateries et mulet rance.

Viaduc du Droulin : 47 kilomètres.

Départ sous la pluie mais nous n’avons plus à craindre les tempêtes qui sévissent en mer. Rencontre d’un pêcheur dans sa barque. Il pêche à l’aide d’un petit filet carré nommé “carrelet”, la technique est ultrasimple : il s’agit de descendre et de relever le filet, le rythme est complètement aléatoire. Le filet surprend les poissons qui passent au dessus du piège. L’espèce recherchée est le sandre mais ce sont surtout des mulets et des brèmes qui se laissent capturer. Nous repartons avec un beau mulet vivant en travers du pont du kayak.

Redon, pause de midi et nouvelle rencontre. L’homme vit en permanence dans son voilier avec peu de moyens. Amarré à un quai napoléonien (gratuit) depuis deux ans, il est juste obligé de se déplacer de quelques mètres de temps en temps. Parfois il sort en mer et gagne les îles de Houat et Hoëdic.

“Depuis peu, j’ai un chien de défense à bord. A Houat, j’ai été braqué une nuit par un groupe de plongeurs, menacé par des arbalètes de chasse sous-marine, j’ai été dévalisé. Pour moi il y a des pirates le long des côtes de Bretagne et particulièrement à l’entrée de la Loire mais je ne suis pas assez fou pour aller là-bas.”

Après Redon, la rivière se rétrécit et les rives sont davantage boisées. Notre vitesse de croisière est de 6 km/h, bornes kilométriques faisant foi. Sur cette portion de la Vilaine, nous croisons quelques pénichettes et deux ou trois voiliers qui s’entraînent à tirer des bords.

La Vilaine est classée maritime jusqu’à Redon afin de permettre à l’unique sablier qui relie Redon à Nantes de bénéficier du prix du gasoil détaxé. Par contre pour les pêcheurs, un permis est exigé comme pour tout plan d’eau douce qui se respecte, cherchez l’erreur…

Le soir, nous arrivons au pied du viaduc du Droulin.

Notre mulet est transformé avec soin en filets, cuit dans un court-bouillon puis revenu à l’huile d’olive, ail et citron. Malgré la gabegie d’ingrédients utilisés et malgré tout notre bonne volonté, nous ne réussissons pas à le manger tant il se révèle gras, huileux, fadasse. Après cet essai cuisine locale au goût détestable, je range ma canne à pêche à fond de cale jusqu’à notre retour en eaux salées.

Jour 15 – Vendredi 8 juillet : La baignade de la biche et drôles de Tarzan.

Ecluse du Bouël, 47 kilomètres.

C’est notre première journée avec des passages d’écluses. Nous rivalisons de vitesse avec les 2 péniches rencontrées, à la fois par jeu et aussi pour écluser en même temps quelles. A ce rythme là, le soir nous sommes complètement usés. C’est ce qui arrive quand on ne gère pas ses efforts…

La jolie rencontre du jour survient lorsque dans une zone particulièrement verdoyante je lance “c’est le fleuve Amazone ici” et Josée commence à imiter des cris d’oiseaux exotiques, je m’y met aussi, délire tropical ? Subitement c’est une grande agitation sous les branches : nous avons effrayé une biche qui se baignait discrètement à l’abri des regards. Affolée elle tente de se hisser sur la berge, il lui faut plusieurs tentatives avant d’y parvenir et de disparaître dans les fourrés. Plus loin, c’est une grosse tortue aquatique qui se chauffe la carapace au soleil. Les minuscules poussins de poules d’eau déjà habillés des couleurs chatoyantes comme leurs aînés sont particulièrement agiles et adorables.

L’écluse du Bouël, notre escale du soir, située 21 kilomètres avant Rennes est particulièrement esthétique. La nuit, des bruits et des cris m’arrachent de mon sommeil. Je m’extirpe de la tente et je vois deux jeunes hommes perchés dans un arbre, occupés à casser des branches tout en poussant des cris qui feraient honte à Tarzan lui-même. Surpris par mon apparition (presque nu), ils s’excusent et justifient leur présence par la recherche de bois pour faire du feu. Le matin je constate la carbonisation encore tiède du plateau d’une table en bois mise à disposition pour les pique-niques. Affligeante jeunesse!

Jour 16 –  Samedi 9 juillet : Les derniers éclusiers.

Saint Germain sur Ille, 42 kilomètres.

La Vilaine devient un long fleuve tranquille, aucune circulation nautique. Hormis quelques joggers, promeneurs et pêcheurs arpentant le chemin de halage. Le passage des écluses devient facile et rapide.

Sous la rocade de l’agglomération rennaise l’air pollué par la circulation routière est nauséabond. Nous longeons une file d’anciennes péniches amarrées à un quai (sans doute napoléonien), puis nous nous engageons sous un pont couvert de tags arborant la pancarte “canal d’Ille et Rance”. Nous voici dans l’écluse du mail, la première écluse du canal de l’Ille et Rance, nous y sommes attendus (chaque éclusier prévient le suivant de l’arrivée d’un client).

Les berges du canal d’Ille et Rance sont joliment fleuries et boisées. La faune rencontrée sur l’eau n’est pas farouche : les canards ne quittent pas leur perchoir, les poules d’eau continuent de couver leurs oeufs lorsque nous les surprenons… C’est bon d’avoir le sentiment de ne pas être, pour une fois, l’animal super prédateur, à fuir sur l’instant !

Navigation tranquille ponctuée de petites “papotes” avec les promeneurs et pêcheurs croisés le long du chemin de halage. Les éclusiers, particulièrement les anciens, sont habités d’un certain “mal-être”, ils disent appartenir à l’ultime génération, après eux l’automatisation des écluses va se généraliser et leur métier va disparaître. Alors, nous engrangeons comme souvenir les images de toutes ces petites maisons aux jardins fleuris et tous ces petits échanges qui font la vie du canal.

Fin de la journée au kilomètre 21, ce soir là les kayaks restent à flot simplement amarrés à la berge.

Jour 17- Dimanche 10 juillet : Voie royale ou galère ?

Kilomètre 58, soit 37 kilomètres.

Le dimanche, c’est un bon jour pour naviguer sur le canal. Les abords sont animés, promeneurs, joggers, pêcheurs, cyclistes, là une petite fête de village, plus loin un concours de boules ou un marché local. L’eau agit comme un aimant et attire les foules en quête de loisirs. Le plus beau de ce jour a été le passage des écluses de Hédé. A cet endroit, le canal d’Ille et Rance prend toutes ses lettres de noblesse. Cet enchaînement d’écluses forme une véritable oeuvre d’art. Comme nous sommes absolument seuls sur l’eau, nous enchaînons sans attendre les éclusages avec le sentiment d’être une attraction tellement nous avons de spectateurs.

C’est impossible de ne pas avoir une pensée pour certains kayakistes qui ont parcouru les canaux sans autorisation, cela signifie sortir de l’eau les kayaks aux abords des écluses, une vraie galère !

Jour 18- Lundi 11 juillet : Palourdes à profusion !

Plouer sur Rance, 37 kilomètres + 3 milles.

Dès 9 heures, heure d’embauche des éclusiers, nous commençons à franchir nos dernières écluses. A Evran, comme le centre ville est proche du canal, nous faisons un ravitaillement facile.

Le paysage devient très verdoyant et encaissé.

La Hisse : l’ambiance est champêtre, le barrage s’ouvre juste à notre arrivée. Nous nous y engouffrons puis, peu après, nous remplissons nos poumons de l’atmosphère marine retrouvée.

La Rance maritime commence par quelques méandres creusés dans la vase, puis le vent en pleine face nous incite à stopper à Plouer sur Rance sur une petite cale faite d’un textile synthétique pratique pour charioter au dessus des bancs de vase.

Comme c’est la mer basse, c’est aussi jour de pêche, nous faisons une géniale pêche de palourdes, mais que signifie le panneau rouge “pêche interdite” (sans autre précision) trônant en haut de la grève ?

Jour 19-Mardi 12 juillet : Retrouvailles avec la mer et scouts affamés.

Fréhel, environ 28 milles.

Navigation calme au départ, puis rapidement nous devons raser le rivage et chercher les contre-courants pour progresser au mieux en direction du barrage de la Rance.

Cette fois nous avons moins de chance, les portes du barrage se ferment devant nous. Nous devons patienter jusqu’à 11 heures avant de franchir l’ultime porte et retrouver l’océan. Nous sommes content de retrouver la mer libre. Nous faisons notre escale du midi à Dinard, mais vraiment c’est trop touristique pour nous. La météo affichée chez le loueur de planches à voile local nous informe d’un très favorable vent de nord – est persistant pour les jours à venir.

Nous quittons Dinard avec le courant bien établi vers l’ouest. Le vent et le courant associés, nous avalons des milles à grande vitesse.

Le vent se renforce, c’est poussé par une forte houle et sous voile “tempête” que nous abordons le mouillage de rêve situé dans le sud de l’île des Ebihens. Le site magnifique est bondé d’embarcations de toutes sortes.

Courte escale technique au port de Saint Cast pour reprendre quelques forces et se préparer psychologiquement à la suite de l’étape qui risque de devenir musclée.

La pointe de Saint Cast est prise d’assaut par de grosses vagues. Dans le feu de l’action, je pense très fort “pourvu que Josée ne vire pas trop tôt”. Ouf, elle me suit, a-t-elle deviné le danger ? Souvent elle coupe les pointes au plus court et dans les cas comme celui-ci, je stresse, je stresse…

Puis, la situation s’améliore, le vent mollit, nous traversons la baie de la Fresnaye et dépassons la pointe du fort La Latte sans souci.

Le grand cap Fréhel est en vue, la veine d’eau établie au large est bien visible. Près du bord, dans le contre-courant c’est moins rapide, mais nous bénéficions d’une mer plus calme.

A la pointe, pas d’alternative, nous devons passer dans la zone agitée et nous nous faisons bien brasser par des vagues pyramidales.

Ensuite, passés les Amas du cap, sous le vent de la falaise, c’est fini, la mer redevient calme.

C’est suffisant pour nous aujourd’hui, la première plage repérée après le cap est parfaite pour notre arrêt définitif et le bain tonique dans les rouleaux de la plage vaut toutes les séances de massages du monde !

Rencontre d’un groupe de scouts, lâchés dans la nature avec un équipement limité et peu de nourriture, ils sont très réceptifs à la leçon d’identification d’algues comestibles que je leur dispense. Plus tard je les surprend à brouter directement sur les rochers : ils sont vraiment affamés.

Jour 20 – Mercredi 13 juillet : Josée malade et zone interdite.

Pléneuf-Val-André, environ 12 milles.

Nuit difficile pour Josée affectée par de fortes diarrhées et des vomissements, le matin elle ne peut pas repartir. Refroidissement, intoxication avec les palourdes de la Rance ?

Je fais un aller-retour à la pharmacie de Fréhel pour trouver le médicament miracle qui doit la remettre sur pieds.

Courageuse Josée, malgré sa fatigue, elle veut absolument repartir. En début d’après-midi, la mer très belle, le courant portant et le vent portant nous incite à un départ. Malgré ces conditions de navigation faciles, Josée est vite fatiguée. Arrivés à proximité de l’île du Verdelet, par précaution, nous nous arrêtons.

Pléneuf-Val andré est une station balnéaire très touristique, pourtant notre bivouac est tranquille parce que  situé à l’intérieur d’une zone interdite au public en raison de risques de chutes de pierres…

Jour 21 – Jeudi 14 juillet : Gros « bidons » et feu d’artifice.

Ile Saint Rion, environ 30 milles.

Traversée de la baie de Saint Brieuc, calme plat et brume. A midi nous accostons l’île Harbour. Le bel îlot est évidement pris d’assaut par une horde de touristes motorisés. L’espèce est intéressante à observer du coin de l’oeil.

3 ou 4 groupes sont agglutinés sur la toute petite grève. Je constate que pour certaines personnes, le but ultime dans la vie c’est de pouvoir s’afficher avec des jouets bruyants et consommer au maximum ce qu’ils nomment sans doute les plaisirs de la vie. Le résultat de ces agapes fréquentes et généreuses est particulièrement visible sur la gent masculine qui expose au soleil des “bidons” bien rebondis. Vive les vacances !

Au bout d’un moment, finalement, intrigant à la fois par notre accoutrement et nos montures pour le moins rustiques, nous sommes abordés par le biais d’une invitation à l’apéro. Le choix est vaste : whisky, champagne, punch. Nous déclinons l’alcool le midi parce que nous devons pagayer. Par contre, nous acceptons de repartir avec une bouteille de punch afin de pouvoir boire le soir à leur santé et à leur prospérité.

Après-midi touristique sous un temps magnifique le long de la côte ouest de la baie de Saint Brieuc.

Le soir, l’entrée dans l’archipel de Bréhat se fait dans un calme absolu. A la surface de l’eau j’aperçois des bars, la bouche grande ouverte, occupés à gober des petits poissons. Je tente ma chance, mais tous mes essais avec mes leurres artificiels restent vains.

Arrivée magique à l’île de Saint Rion, le plaisir est immense de se sentir de nouveau dans un univers bien connu. La nuit est illuminée par le feu d’artifice lancé du port de Paimpol. Quelques petits voiliers sont venus devant notre plage pour profiter de ce spectacle vu de la mer.

Jour 22 -Vendredi 15 juillet : Re – palourdes et jeunesse éméchée.

Port Blanc, environ 22 milles.

Météo parfaite, eau cristalline, des ingrédients rarement réunis à ce niveau là nous offrent une merveilleuse navigation le long de la côte du Goëlo. De ma mémoire de pagayeur, jamais je n’ai survolé des eaux aussi claires et limpides dans ce pays déjà beau en temps ordinaire, bref nous en prenons plein les mirettes, preuve rassurante que nous ne sommes pas encore blasés ni saturés de paysages marins.

Fin de notre étape à l’île aux Femmes à Port Blanc. Très belle pêche de palourdes autour des îlots, avidement dégustées en guise de clôture d’une exceptionnelle journée de navigation.

Pendant l’installation de notre bivouac, des jeunes d’une quinzaine d’années nous interpellent, bouteille de whisky à la main, allure passablement éméchée : “ Vous dormez là ? Pas de problème, si vous avez besoin de quelque chose, nous sommes là ! “

Jour 23 – Samedi 16 juillet : L’émotion du retour, partir par l’ouest, revenir par l’est…

Le Diben, environ 30 milles.

Le temps d’exception continue, comme si la nature voulait nous communiquer le message “ ici, c’est le plus beau du plus beau “. Toute la journée nous naviguons au dessus d’un aquarium géant. Les yeux s’évertuent à scruter les dessus et les dessous de l’onde lisse.

Josée se sent “scotchée” par cette mer plate : le vent, où est le vent ?

Même par très beau temps, le caractère sauvage de l’étroit goulet entre l’île Grande et l’île Canton reste fort.

Avec la renverse bien amorcée, nous arrivons rapidement aux abords de la superbe île Molène, bondée de monde ce jour là.

Le vent de nord-ouest promis par la météo arrive enfin, c’est génial de pouvoir hisser la voile bleu azur “beau temps” et de se lancer dans une folle traversée de la baie de Lannion.

Nos kayaks vibrent de nouveau. En 2 heures 15 nous atteignons la pointe de Primel et nous retrouvons la baie de Morlaix qui reste toujours ma préférée.

La belle plage de Port Blanc après la pointe du Diben nous accueille ce soir là pour l’ultime bivouac.

Notre tour s’achève, l’émotion est forte de revoir ma baie de Morlaix, partir par l’ouest, revenir par l’est, c’est tout simplement génial.

Jour 24 – Dimanche 17 juillet : Rêve ou réalité ?

Pempoul (St Pol de Léon), 5 milles environ.

C’est un jeu d’enfant de rejoindre la petite plage de Sainte Anne à Saint Pol de Léon ce matin là. Installés à la terrasse du café avec vue sur nos kayaks au mouillage, Josée choisit une pêche Melba et moi une banana Split trop riche en chocolat. Faire tout ça pour savourer une glace, me direz-vous ?

Puis, comme prévu à midi pile nous franchissons l’amer de la cale de Pempoul. La boucle est bouclée, nous arrivons frais et dispos comme des gardons. D’ailleurs les kayakistes rencontrés sur la cale ne croient pas nos propos quand nous leur disons que nous finissons à cet instant un tour complet de la Bretagne !

J’ai l’impression d’être parti juste la veille, tellement la mer nous a pris corps et âme pendant tout le voyage, la sensation, l’émotion à l’arrivée est fabuleuse.

Pourtant, maintenant encore, lorsque je contemple ma baie de Morlaix, partir vers l’ouest, revenir par l’est me paraît une entreprise au dessus de mes forces, c’est comme un rêve irréaliste et pourtant ce fut une réalité pour Josée et moi en ce beau début de l’été 2005.

Jean-Marc Janvier

L’avis de la coéquipière.

Ca vous intéresse d’avoir mon ressenti? De savoir comment j’ai vécu ce moment de voyage en kayak ?

Avant de partir, je me suis interrogée : d’une part, je n’ai pas la condition physique pour tous ces milles : suis-je capable de relever le défi de cette navigation? Et puis aussi : envie de relier plusieurs coins connus, très beaux pour la navigation, mais qu’est-ce que la Bretagne nous réserve comme découvertes ou déconvenues dans ses côtes maritimes ? Qu’est-ce que nous allons trouver dans ce voyage ?

Côté navigation:

Pour tout vous dire : j’adore naviguer avec Jean-Marc ! Pour ceux qui nous connaissent, pas de surprise, pour les autres  quelques lignes complémentaires sont peut-être nécessaires!

C’est toujours dur de larguer les amarres : il y a tant de raisons de ne pas partir (fatigue accumulée, des choses à faire, du temps à donner…) surtout si vite… Je finis le travail sur les rotules à 19h, j’arrive à St Pol à 20 h…j’ai juste à mettre mes affaires perso dans mon kayak, la tente, le réchaud…j’ai fait les courses avant, Jean Marc a complété en frais, assuré une vérification minutieuse du matériel, équipement et toutes les petites bricoles de réparation, de pêche…là, la complémentarité joue à fond !

La prévi météo donne des conditions favorables pour partir vers l’ouest…Dés 9 heures le lendemain, les kayaks sont à l’eau, quelques coups de pagaies…et nous sommes si loin, l’eau salée nous imbibe totalement, évasion complète…ça va durer 3 semaines, coude à coude, nous serons l’un comme l’autre, complètement dans le voyage !

Nous échangeons avant chaque étape : prévi météo, marée, distance, objectif, difficultés, points d’intérêt…. Même si Jean-Marc a discrètement imaginé un point d’arrivée, l’objectif potentiel est toujours revu en fonction des conditions de mer rencontrées et avancement réel. Compte tenu des longues distances à réaliser (bien au-delà de nos moyennes habituelles) que je ne suis pas sûre de tenir : j’ai plutôt essayé de faire de mon mieux, sans trop forcer, de bien sentir jusqu’où je pouvais aller sans compromettre l’étape suivante.

Je dois reconnaître que Jean Marc a toujours été attentif à ce que nous n’avancions pas à tout prix, à nous ménager des temps de repos quand ils sont ressentis nécessaires (Il commence a connaître nos limites mais aussi nos capacités à trouver encore plus

d’énergie en cas de nécessité). Ajoutez à cela une bonne appréhension des conditions de navigation (anticipation des courants, trajectoire optimisée, points clés/étape suivante…), notre marin devient stratège pour lui et sa co-équipière…la petite voile en plus n’est pas due au hasard… Equilibre subtil, acquis au fil de nos nombreuses navigations partagées, tout cela fait notre force.

Côté terre « le kayak, c’est bien quand ça s’arrête », la complicité se poursuit, nous adorons tous les deux les joies du bivouac !

Côté littoral breton:

Aucune étape ne m’a déçue, toutes ont eu leur charme avec, à chaque fois, une ambiance particulière liée au lieu, à la météo, aux lumières, aux gens croisés, à nous, à moi. C’est ce qui nous a fait avancer !

Le pays Pagan et tout le nord Finistère avec sa côte hostile, sous un ciel couvert, brumeux  nous a laissé découvrir de nombreuses anses abritant o

u faisant semblant d’abriter quelques petits bateaux de « pêchoux » bravant toute l’année vents et marées, une côte rude où chacun prend le droit d’avoir sa petite maison difforme sur la pointe rocheuse un peu loin de tout, ça ne gêne personne…La force et la magie des forts courants de la pointe nous ont littéralement emportés dans des coins où la force de la nature est partout présente : Brignogan, Portsall, chenal du Four…pour atterrir sur des plages de sables dorés  où chacun « bouine » gentiment en ce dimanche ensoleillé comme si de rien n’était, tranquille paisible : quel contraste entre des moments de mer intenses et l’arrivée dans des coins bivouacs paisibles ! Et encore, cette presqu’île de Crozon, belle comme c’est pas permis avec ses falaises colorées, majestueuses, tous mes respects « dame nature »… et puis ce tout petit port inaccessible et encore ce passage du raz de sein récompensé par une escale chez les « Capistes » au tempérament si bien trempé ! Et cette mémorable arrivée à Penmarc’h ! …Nous voici déjà en Bretagne sud…encore autant d’émotions, différentes bien sûr, entre les pointes bien brassées, les Abers, une côte préservée aux doux contours, douceurs du soir. Et le canal « Manche-Océan », bel ouvrage ayant perdu de son utilité mais duquel se dégage la force des grands travaux réalisés et entretenus  par des hommes et femmes sous contraintes…des portes qui s’ouvrent vers la mer…c’est magique ! La Rance, St Malo qui a eu ses pages d’or dans notre histoire maritime. Puis la côte nord que nous connaissons mieux et qui pourtant nous a encore émerveillé et dévoilé de nouveaux trésors.

J’exagère me direz-vous ?  Je ne suis pas sûre ! Juste que je suis encore sous le charme,  Jean-Marc aussi. Une vraie redécouverte de ce que nous avons à portée de pagaie… à vivre, chacun à sa manière, à recommander sans hésitation…si vous le voulez : une belle aventure vous tend les bras !

Josée Conan.

Côté pratique : « pagayer, manger, dormir »

Nos embarcations : Nous sommes restés fidèles à nos vieux « CATCHIKY » fabriqués par PLASMOR il y a 20 ans. Pour la propulsion nous avons optés pour des pagaies bois de TURBULENCE  www.turbulence-kayak.com  (c’est vraiment plus doux pour nos articulations) et les petites voiles amovibles.

La navigation : cartes marines, cartes de courant, almanach du marin Breton, règle rapporteur CRAS, compas, montre.

Notre sécurité en mer : pagaie de secours, flotteur de pagaie, fusées de détresse, miroir de signalisation, bout de remorquage, corne de brume, pompe de cale, lampe étanche, VHF, gilet de sauvetage, pontage étanche, baromètre, poste de radio (météo)…

Pour préparer nos repas : un réchaud à alcool à brûler, thermos, vache à eau…

Pour bien se reposer : une petite tente tunnel, matelas autogonflant, duvet, vêtements….

Pour se nourrir sur le milieu: une canne à lancer télescopique avec moulinet et divers leurres, filet à crevettes…

Sans oublier : la trousse à pharmacie, le nécessaire de réparation et aussi bouquins, appareil photos, carnets pour dessiner ou réaliser des aquarelles…

Nos kayaks ainsi équipés et chargés du matériel et de la nourriture pèsent environ 90 kg et offrent une autonomie de une à deux semaines.

Pour déplacer nos navires sur le plancher des vaches sans nous casser le dos, ne pas oublier l’indispensable petit chariot qui se range derrière le siège une fois démonté.

Lire dans le n° 102 CK/mer (sept. 2004) : [ Historique des « Tours de Bretagne en kayak » Liste non-exhaustive des randonnées de plus de 10 jours le long des côtes bretonnes] par Guy Lecointre.

[GL] [SS]

Catégories
kayak de mer

Stars et Coachs de la B.C.U.

Document paru en partie dans le bulletin n°112, p. 13 à 17.

British Canoe Union (B.C.U) – www.bcu.org.uk

Traduction : CK/mer, février 2007

Avant-propos 1

Introduction – Star tests 2

Epreuves du niveau 1 Kayak ponté/fermé (1 Star) 3

Epreuves de niveau 2 Kayak ponté/fermé (2 Star) 5

Epreuves de niveau 3 en kayak ponté/fermé (3 Star) 9

Epreuves de niveau 4 en kayak de mer (4 Star) 13

Epreuves de niveau 5 en kayak de mer (5 Star) 18

Commentaire sur les Star tests 21

Coachs – résumé 22

Annexes 24

Avant-propos
Réalisation
Projet initié et coordonné par Guy Lecointre et Véronique Olivier.
Premiers renseignements fournis par Denys Sacré.
Documents BCU en anglais mis à disposition par Derek Hairon de Jersey kayak Adventures – www.jerseykayakadventures.co.uk.
Résumé, présentation de l’esprit de ces évaluations, et traduction, de ce premier texte : Derek Hairon et Renée Taraud.
Traduction du texte intégral des Stars : Louis Le Bégat.
Saisie du texte : Sarah Leer.
Correction : Patrick Verré.
Mise en page : Pascal Mallard.
Passage des Stars (étoiles) et Coachs de la B.C.U. (British Canoe Union) par des français
Quelques kayakistes qui ont été, ou sont encore, adhérents à CK/mer, passèrent leur 5ème étoile (5 Star – Advanced sea kayak proficiency test) il y a déjà quelques années : Loïck Bourdon (1982), Didier Plouhinec (1993),  Jean-Marc Terrade et Roger Salou (1996), …
En 1999, un week-end CK/mer fut organisé par Denys Sacré à l’Auberge de Jeunesse de Paimpol pour le passage des Stars BCU niveaux 3 et 4. Derek était parmi les coachs. Voir bulletin CK/mer n° 84, page 6.
Depuis 2002/2003, Christian Scalbert, Coach habilité par la BCU à faire passer des Stars, et Manche Ouest (22730 – Trégastel) organisent avec RKM – Rando Kayak de Mer (56870 Larmor-Baden ; adhérent à CK/mer), des sessions régulières autour du système d’évaluation des Stars. Plusieurs de leurs membres ont passé leur 5ème étoile.
Introduction – Star tests

par Derek HAIRON

Développées par la B.C.U. depuis 20 ans, les « Star Tests » ressemblent aux tests « Pagaies de couleur » (voir en fin du document) mais ils ont été développés d’une autre manière.

Les « Star tests » permettent au kayakiste de connaître le niveau qu’il a atteint. Il est très important de comprendre que les « Star tests » correspondent au niveau des compétences évaluées de la personne même, que c’est très personnel. Ils donnent l’indication des compétences du kayakiste au jour où il passe les tests. Cela veut dire qu’une personne qui a eu le certificat 4ème étoile et ne pagaie pas pendant 10 ans a un niveau de compétences qui ne correspondra plus du tout à celui du kayakiste actif ; il aura perdu ses réflexes de kayakiste ; il devra donc réapprendre.

Les « Star tests » entre le niveau 1 et le niveau 4 ne donnent pas à un kayakiste l’aptitude à diriger ou encadrer un groupe.

Les « Star tests » ne sont pas les mêmes pour le canoë et le kayak. Les « Star tests » pour le kayak entre la 1ère et la 3ème étoile sont les mêmes pour le kayak de rivière et le kayak de mer (seules les « Stars » 4 et 5 ont un traitement spécifiquement kayak de mer : NDLR). La seule grande différence se fera sentir non pas sur la technique mais sur les questions qui seront posées, légèrement différentes entre le kayak de rivière et le kayak de mer.

Les « Star tests » sont développés ci-après. Ce qui suit donne donc une vue d’ensemble afin que le kayakiste ait une idée des expériences et des capacités qu’il doit avoir ou acquérir pour passer ces tests.

Parallèlement aux Stars (étoiles), il existe également 5 niveaux pour les Coachs.

La définition du mot « coach » se rapproche de celui « d’instructeur » mais la conception du rôle d’un « coach » par la BCU est supérieur à un instructeur ou à un entraîneur. Il a beaucoup plus de capacités, des méthodes d’enseignements variées, etc…

Epreuves du niveau 1 Kayak ponté/fermé (1 Star)
But

Il s’agit d’une évaluation de compétence à l’issue d’un stage de découverte. L’octroi du niveau 1 a ici valeur d’encouragement. Les épreuves visent à encourager une pratique sans risques, le respect du matériel, tout en passant un bon moment.

Conditions préalables

Aucune

Lieu des épreuves

Eau calme (qui ne soit pas une piscine), en considération du paragraphe 17 des Notes Préliminaires.

Examinateur

Moniteur de kayak du 1er degré ou coach (en vue de la compétition) de kayak de 2è degré ou plus.

Peuvent également être examinateurs pour ces épreuves les coachs du 2è degré ou plus de disciplines associées, qui ont subi avec succès les épreuves de compétence de niveau 2, ou plus, de pratique de kayak.

Epreuves théoriques

Une question ou deux, de difficulté équivalente, seront posées aux différents stades du passage de niveau.

Equipement

Exemples de questions à poser (se poser) :

De quels équipements obligatoires un kayak doit-il toujours être muni ?
De quel équipement un kayak fermé doit-il toujours être muni ?
Jupe, jupette
Quelle doit être la longueur de votre pagaie ?
Sécurité

Exemples de questions à poser :

Qu’est-ce que vous ne devez jamais faire si vous cabanez ?
Pourquoi ne devez-vous jamais pagayer seul ?
Pourquoi devez-vous toujours garder le dos droit quand vous soulevez (et portez) un kayak ?
En cas d’hypothermie, les premiers secours

Exemples de questions à poser :

Qu’est-ce qui peut produire qu’un kayakiste ait une sensation de froid alors que la température est clémente ?
Pourquoi est-ce qu’un anorak imperméable est de première importance pour un kayakiste ?
Environnement et mise à l’eau

Exemples de questions à poser :

Si vous trouvez des ordures sur les rives ou le rivage, ou à la surface de l’eau, qu’est-ce que vous devez faire ?
Quelles conditions rendent une randonnée (sortie) en kayak sur un cours d’eau (rivière, canal) calme une expérience agréable ?
Questions globales

Exemples de question à poser :

Quelles sont les différences entre un canoë et un kayak ?
Qui sont les célèbres utilisateurs de kayaks pour la chasse ?
Qui sont les célèbres utilisateurs de canoës ?
Epreuves pratiques A
Soulever, transporter et mettre à l’eau le kayak

Le candidat doit faire la démonstration qu’il applique de bons principes de base quand il soulève et transporte un kayak, en faisant usage de ses jambes plutôt que de son dos. Il est recommandé de se faire aider. Le bateau doit reposer sur l’eau , en équilibre. La pagaie doit rester à portée de main, ou utilisée pour aider à l’embarquement.

Faire avancer le kayak sur une distance de 100m.

Les candidats doivent faire la démonstration qu’ils sont en mesure de faire avancer le kayak en ligne droite sur une distance de 100m. Une certaine instabilité directionnelle à toute chance de se produire, ce qui ne saurait inclure un arrêt complet de la progression en avant, ni une avancée en zigzag.

L’arrêt

On doit pouvoir se montrer apte à s’arrêter aussi bien en marche arrière qu’en marche avant, et cela en 4 coups de pagaie.

Tour complet sur place

On doit pouvoir effectuer un tour complet sur place aussi bien dans le sens des aiguilles d’une montre qu’en sens inverse, selon une combinaison appropriée de nages et dénages, tout en démontrant une certaine aptitude à faire usage des mouvements du corps.

Dénage

On doit se montrer apte à pagayer en arrière sur une distance de 25m. Etre apte à tourner le buste pour regarder en arrière par dessus l’une ou les 2 épaules fait partie de l’exercice.

Effectuer un parcours en 8

Le candidat devra effectuer un parcours en 8, pour démontrer son aptitude à aller de l’avant en utilisant une combinaison de coups de pagaie et d’appuis.

Retour au rivage et débarquement
Il s’agit du retour à terre en fonction du vent, du courant et des caractéristiques de la rive ou du rivage. On doit garder le contrôle de son kayak en s’en extrayant. Vous devez vous sortir de votre kayak sans l’endommager, ni endommager la rive ou le rivage.

Epreuves pratiques B
Dessalage, retour au rivage à la nage, vider le bateau

Si l’on porte une jupe, pour cette épreuve de niveau I, il est admis qu’on puisse l’enlever avant de se retourner dans l’eau. Le candidat ne doit montrer aucun signe d’énervement, et reprendre rapidement la maîtrise de son kayak. Il convient de ne pas lâcher sa pagaie, ou de la récupérer en traînant son kayak derrière soi. Ne nagez pas plus de 10m, et videz votre kayak une fois rendu à terre. On peut se faire aider, à condition de garder la maîtrise de son kayak pendant cette opération.

Démontrer un début d’acquis suffisants dans les exercices suivants :
Se déplacer latéralement

Le candidat doit pouvoir montrer dans cet exercice un minimum d’aptitude à effectuer une rotation du torse vers le côté où il actionne sa pagaie. La pale doit être entièrement immergée, le manche de la pagaie n’étant sans doute pas vertical à ce stade. On peut aussi accepter que le candidat sorte la pale de l’eau ou l’y fasse glisser. Doit apparaître clairement un déplacement latéral, tout en acceptant un balancement de la poupe ou de la proue.

Gouvernail

Dans les conditions d’un déplacement vers l’avant du kayak, la pagaie devra être plantée dans l’eau sur un côté du kayak. La pale devra être presque entièrement immergée, le manche parallèle au côté du bateau, le bras de devant collé au ventre. Le kayak devra poursuivre sa progression en avant en ligne droite pendant que la pagaie reste en position sur un côté.

Eviter un dessalage

Il faudra donner au kayak une gîte telle qu’elle approche de la perte d’équilibre. Un retour progressif à l’équilibre, aussi bien à droite qu’à gauche, en se servant de la pagaie, devra être ici montré de façon évidente.

Epreuves de niveau 2 Kayak ponté/fermé (2 Star)
But

Il s’agit ici d’une évaluation de compétences représentant une maîtrise améliorée de l’ensemble des épreuves en eau calme.

L’accent sera mis sur la production de la progression souhaitée du bateau à partir d’une meilleure connaissance des causes et conséquences de l’effet produit au lieu de s’attacher aux seules techniques de pagaie séparément. Le niveau 2 de compétence est obligatoire pour se présenter aux épreuves de coach du 1er degré.

Conditions préalables

S’être présenté avec succès aux épreuves de qualification de niveau I telles qu’établies par la BCU. Au cas où un candidat n’en serait pas détenteur, au gré du jury il serait soumis à un choix d’épreuves techniques préalables.

Site des épreuves

Eau calme (qui ne soit pas une piscine), mail il convient ici de se reporter au paragraphe 17 des Remarques d’introduction/Préliminaires.

Jury

Coach de kayak du 2è degré, ou au dessus. Les coachs du 2è degré dans des spécialités voisines, titulaires du niveau 2 de kayak, ou au dessus, peuvent aussi être membres du jury.

Connaissances théoriques

Une ou deux questions, d’égales difficultés, pourront être posées pour chaque chapitre/catégorie de connaissances.

Concernant l’équipement

Exemples de questions :

Qu’est-ce qu’une pale asymétrique de pagaie ?
Quel avantage présente l’utilisation d’une telle pagaie ?
Pourquoi est-ce qu’un kayak de course/compétition est plus rapide qu’un kayak de randonnée ou un kayak d’eaux vives court ?
Sécurité

Exemples de questions :

Pourquoi peut-il être dangereux de pratiquer le kayak en milieu ouvert avec un niveau d’expérience insuffisant ?
Pourquoi faut-il porter un gilet de sauvetage/avoir avec soi un engin de flottaison même si l’on est bon nageur ?
Pourquoi est-ce que les déversoirs/écluses sont un endroit dangereux ?
Qu’est-ce que le Leptospirosis/la Leptospirose et quelles précautions faut-il prendre pour s’en garder ?
Hypothermie/1er secours

Exemples de questions :

Qu’est-ce que, en peu de mots, signifie le terme « hypothermie » ?
Comment l’évite-t-on ?
Pourquoi faut-il recouvrir coupures et éraflures d’une protection imperméable ?
Accessibilité
Peut-on faire du kayak sur n’importe quelle voie d’eau (rivière, canal) ?
Que feriez-vous si l’on vous faisait observer que vous n’aviez aucun droit d’être en kayak là où vous vous trouvez ?
Environnement
Quel est le plus bel endroit où vous vous soyez rendu en kayak ?
Quelle  a été votre plus belle rencontre dans le cadre naturel ?
A quels principes devez-vous vous soumettre en quittant un lieu de pique-nique ou de campement ?
Organisation
Que devez-vous emporter pour vous assurer une courte randonnée confortable ?
Quelle distance estimez-vous pouvoir pagayer en un jour sans vous sentir trop fatigué et démoralisé ?
Connaissances générales

Exemples de questions :

Nommez 3 différents types de compétitions de kayak.
Qu’est-ce que le kayak en eaux vives ?
L’esprit de groupe
Qu’est-ce que vous pourriez faire pour venir en aide à une personne qui éprouve des difficultés à suivre pendant une randonnée ?
Pourquoi est-il important de rester groupés quand on se déplace ensemble ?
Epreuves pratiques A
Soulever, transporter, et mettre à l’eau le kayak

Le candidat doit faire/apporter la démonstration qu’il soulève et transporte un kayak en toute sécurité. Le bateau doit être mis à l’eau, et l’on doit pouvoir monter à bord, sans s’aider de la pagaie, qui doit néanmoins rester toujours à portée.

Pagayer en avant avec efficacité

Il faudra le faire sur une distance imposée d’environ 200m, le corps droit, mais dans une attitude naturelle. La progression doit s’effectuer selon un rythme naturel, sans à-coups, en s’aidant de la rotation du tronc de façon visible. Une aptitude raisonnable à garder un cap devra être démontrée, dont 50m à bonne vitesse de croisière.

Dénage et arrêt

Les candidats devront faire la démonstration de leur aptitude à pagayer en arrière sur une distance de 25m, en direction d’un point préalablement indiqué par le jury. Pendant cet exercice, on doit montrer qu’on peut regarder par dessus son épaule et effectuer des rotations du tronc pour accroître la force de propulsion. C’est l’arrière des pales de la pagaie qui doit être présenté à la surface liquide. Pour pratiquer un arrêt, il faudra que le kayak soit lancé à bonne vitesse, et dirigé dans la direction opposée en 4 coups de pagaie.

Déplacement latéral du kayak

Faire effectuer un déplacement latéral de 5m au kayak, sans affecter son orientation longitudinale. Il ne faut pas que la pagaie émerge de l’eau. Le bras en hauteur ne doit pas se situer en dessous de la ligne des épaules. Le corps doit être en rotation. Le bras abaissé doit être déployé de toute sa longueur au départ de l’exercice de pagayage latéral, et la main en hauteur agit comme un pivot.

Eviter un dessalage

Démontrer un rétablissement efficace, sans à-coups, quand le bateau est en déséquilibre. Un vigoureux coup de rein, accompagné d’une rotation des hanches, devra être montré. Pour un appui très prononcé, le bateau doit être en déséquilibre, avec de l’eau jusqu’au niveau de la poitrine du pagayeur. L’exercice doit être démontré des 2 côtés.

Gouvernail

Le Kayak doit être lancé à bonne vitesse, puis courir sur son erre en ligne droite par un passage étroit en laissant traîner la pagaie.

Effectuer un changement de direction

Le changement de direction devra se faire kayak en mouvement, d’abord à l’aide d’une série de circulaires, suivie du changement de direction. Pour le changement de direction, il est induit par une courte et vigoureuse circulaire du côté opposé accompagné d’une gîte significative au moment du changement de direction ; la pagaie devra se trouver en position basse, de niveau avec la hanche ou juste devant, le manche aussi parallèle que possible à la surface de l’eau, le dos de la pagaie appuyé sur l’eau. Le bateau effectue alors un lent et stable changement de direction.

Débarquer

On approche convenablement du rivage et s’extrait du kayak sans faire usage de la pagaie. L’équilibre, et le contrôle du bateau, ne doivent pas être perdus. On sort du kayak sans endommager le rivage ni le kayak.

Assurer

Le candidat se doit d’assimiler le concept de l’assurance des bateaux en fin d’exercice, soit en les attachant, ou en les rangeant sur des portants spécialement construits pour cet usage, en utilisant des cordages correctement noués.

Epreuves pratiques B
Sauvetage en eau profonde

Prendre en charge un sauvetage en eau profonde avec l’assistance d’autres personnes, puis se mettre dans la situation de la victime.

Faire montre de connaissances élémentaires dans les domaines suivants :
Faire un écart à la godille

Le corps fait face au plat-bord. La pagaie est tenue assez verticale, l’intérieur de la pale tournée vers le kayak enfoncée profondément dans l’eau. Pour éviter d’éclabousser le pont, la pale est approchée précautionneusement parallèlement au kayak.

Appui à la godille

Le kayak est dirigé de manière à se trouver en léger déséquilibre. Le manche de la pagaie est maintenu horizontalement, l’intérieur de la pale à plat sur l’eau, le rebord de la pale incliné vers le haut à chaque mouvement lent de la pagaie. Les bras sont pliés dans une position naturelle (pour cette épreuve, l’évaluateur se doit de considérer les mouvements de godille en tant qu’exercice d’équilibre et de contrôle de la pagaie, pas en tant que moyen de survie face à un obstacle).

Sauvetage esquimau

Le sauvetage se fait par une lente rotation du bas du corps à partir d’une position renversée tête en bas, en maintenant une main accrochée à la proue du bateau du sauveteur. Le candidat devra faire l’exercice à la fois en tant que sauveteur et victime.

Gîter

Le candidat devra effectuer un cercle, en gîtant aussi bien vers l’intérieur que l’extérieur du cercle. On ne tiendra pas compte du sens de rotation du cercle.

Randonner

Se montrer capable d’effectuer au moins une randonnée d’environ 2 heures (6 km).

Epreuves de niveau 3 en kayak ponté/fermé (3 Star)
Objectifs

La réussite des épreuves à ce niveau indique que les candidats peuvent se considérer comme kayakistes confirmés plutôt que débutants. Le niveau 3 est la compétence requise pour suivre une formation de coach du 2è degré.

Conditions préalables

Avoir passé les épreuves du niveau 2 telles que définies par la BCU. Dans le cas contraire, il reviendra au jury de faire une brève vérification des acquis des niveaux 1 et 2.

Site des épreuves

Plan d’eau abrité (qui ne soit pas une piscine), mais veuillez vous reporter au paragraphe 17 des remarques préliminaires.

Jury

Coach/moniteur de kayak du 3è degré dans la discipline concernée.

Connaissances théoriques

Une ou 2 questions d’égale difficulté, pour chacun des points concernés.

L’équipement

Exemples de questions :

Dans quels matériaux sont fabriqués les kayaks modernes tous usages ?
Quels sont les avantages à utiliser une jupe en néoprène ?
Quelle est la principale différence entre une combinaison sèche et une tenue de plongée ?
Sécurité

Exemples de questions :

A quoi devez-vous apporter la plus grande importance si vous allez faire du kayak en hiver ?
Pourquoi un rapide ou une veine d’eau peuvent se montrer dangereux ?
Hypothermie/1er secours

Exemples de questions :

Comment sait-on qu’une personne est en hypothermie ?
Qu’est-ce qu’il est essentiel de faire en cas de blessure ?
Accessibilité au plan d’eau
Qu’est-ce qu’un droit d’accès ?
Quelle sorte de comportement risque de remettre en cause un droit d’accès ?
Qu’est-ce qu’un plan de navigation ?
Environnement
Quelle rencontre particulièrement préoccupante dans le cadre du milieu naturel avez-vous faite en kayak ?
Qui contacteriez-vous si vous veniez à observer des signes importants de pollution – tels que carburants, égouts, mauvaises odeurs, poissons ou oiseaux morts ?
Préparatifs

Exemples de questions :

A quelle vitesse de croisière pensez-vous que vous pourriez avancer dans votre kayak pendant une randonnée de 4h, sans courant ni vents bien établis pour vous pousser ou retarder ?
Quelles questions poseriez-vous au responsable de la sortie si, en tant que kayakiste de niveau 3, vous étiez invité à participer à une sortie/randonnée à la journée sur une distance de 12 miles (± 20 km) en descente de rivière ?
Connaissances générales

Exemples de questions :

Nommez 2 fabricants de kayaks en Grande-Bretagne.
Quel est l’intérêt pour vous d’adhérer à l’Union/Association Britannique de Canoë-Kayak ? Et en quoi votre adhésion sert-elle la cause générale du canoë-kayak ?
Avez-vous entendu parler de Rob Roy Mc Gregor ?
Esprit de groupe

Exemples de questions :

De quel côté d’une voie navigable (canal ou cours d’eau) devez-vous pagayer ?
Comment attireriez-vous l’attention d’un groupe dont vous feriez partie si, naviguant en queue, quelqu’un dessalait devant vous ?
Carte et boussole

Exemples de questions :

Pourquoi est-il important d’avoir une boussole avec soi lors d’une randonnée ?
Quelle sorte de carte convient-il d’avoir en rivière ou sur un canal ?
Epreuves pratiques A
Soulever, transporter et mettre à l’eau

Apportez la démonstration que vous faites usage de techniques appropriées pour soulever et transporter des kayaks en toute sécurité à partir de barres de toit d’une voiture ou d’une remorque, avec l’aide d’autres kayakistes s’il y en a de présents à ce moment-là. Le candidat doit se montrer en mesure d’effectuer une mise à l’eau efficacement et en toute sécurité à partir de tout point praticable de mise à l’eau, tels que quai, escalier d’accès, haute rive.

Propulsion efficace

Les éléments d’une propulsion efficace sont constitués d’une bonne rotation du tronc, d’une bonne extension des bras, d’une position relativement haute de la pagaie (en fonction du type de bateau). Jambes et genoux sont-ils convenablement calés ? La démonstration se fera sur une distance d’environ 500m (tout au long des épreuves), à bonne vitesse et bonne maîtrise du kayak.

Dénage en dessinant un 8

Pagayer en arrière de façon efficace en dessinant, figure imposée, un 8.

Changer de direction tout en pagayant

Faire changer de direction au kayak avec une perte minimale de vitesse de propulsion à l’aide de circulaires/appuis en poussée et d’un freinage d’étrave.

Tourner à l’aide d’appuis en poussée

Le changement de direction s’induit en appliquant des circulaires du côté opposé au changement de direction, suivi d’une gîte appuyée dans le virage. L’extérieur de la pale de pagaie traîne/glisse à la surface, prête à l’appui. L’effectuer de chaque côté.

Gouvernail avant/d’étrave

L’intention est de montrer qu’on peut faire pivoter le kayak autour de la pagaie. On induit le changement de direction en appliquant une circulaire du côté opposé au changement de direction. La pale est alors plantée dans l’eau à bonne distance du plat-bord, à peu près à hauteur des genoux, avec la face interne orientée vers le bateau, mais le bord supérieur orienté vers l’extérieur de l’étrave. La rotation du tronc doit être significative, le bras en l’air en travers du haut du front. Le bateau est guidé autour de la pagaie en utilisant le genou opposé.

Se déplacer sur le côté, à la fois sur place et en cours de déplacement

On fait se déplacer le kayak sur le côté de part et d’autre à l’aide d’appels en godille, d’appels en mouvement et d’appels d’incidence.

L’appel en godille : il faut une bonne rotation du corps. Le manche de la pagaie est vertical, la pale profondément plantée dans l’eau. On doit obtenir un mouvement de transfert latéral sans faire tourner le kayak.
Appel en mouvement : le kayak, en déplacement avant, doit effectuer un mouvement latéral sans tourner (comme pour éviter un obstacle) en utilisant un appel en traction.
Appel d’incidence : le kayak doit être déplacé latéralement sur une distance supérieure à celle d’un appel en mouvement. Avec le kayak avançant à bonne vitesse, la pagaie doit être plantée parallèlement aux hanches, ou légèrement en arrière. Le kayak doit se déplacer latéralement sans que la pagaie bouge par rapport à l’avancée du bateau, ou que le kayak tourne (il peut se révéler nécessaire de maintenir l’étrave en ouvrant un léger angle par rapport à la position de la pagaie).
Garder l’équilibre

Les candidats doivent faire montre de toute une série de techniques destinées à garder l’équilibre dans des circonstances diverses. Les exercices devront inclure appels et appuis de chaque côté du kayak.

Godiller pour garder l’équilibre

La pagaie devra être maintenue basse, presque horizontale, en montrant une mise en action bien dirigée/maîtrisée.

Coups de pagaie de retour à l’équilibre

Que ce soit en position basse ou haute, les coups de pagaie de retour à l’équilibre devront être donnés à partir d’un kayak en déséquilibre important. L’exercice devra se faire en marche avant/propulsion, et la progression devra se poursuivre subséquemment.

Sécurité

Il faut savoir attacher correctement avec une corde, en utilisant un type de nœud identifiable, sur une remorque ou les barres de toit d’une voiture.

Gîter pour changer de cap

Au cours de l’exercice, le candidat devra démontrer qu’il gîte avec efficacité à l’appui de son changement de cap.

Epreuves pratiques B
Sauvetage en eau profonde

Il s’agit de venir efficacement à la rescousse d’un autre kayakiste, pour le faire réintégrer son kayak à perd-pied. Le kayakiste qui a dessalé peut participer à la manœuvre en suivant les instructions du candidat. Il est souhaitable que les bateaux soient équipés de manière à ne pas couler (soit munis de flotteurs remplis d’air).

Remorquage et bon usage de la remorque/du bout de remorquage.

Le candidat doit faire la démonstration qu’il sait prendre un kayak en remorque sans qu’on vienne l’y aider. La remorque devra être ensuite décrochée comme dans une situation d’urgence. Le candidat devra faire état de ses connaissances pour ce qui est des dangers inhérents au remorquage.

Le sauvetage à la manière esquimau

On dessale franchement puis on tambourine sur la coque, alors que le sauveteur s’approche d’une distance de 5m. Le sauvetage s’effectue normalement d’un seul coup, mais une seconde tentative est admise. Le candidat doit se mettre tour à tour en situation de sauveteur et de victime. Les 2 manières de sauvetage esquimau doivent être présentées, soit en présentant la proue et en présentant la pagaie. Le sauveteur ne doit pas s’approcher perpendiculairement de l’endroit où sont placés le corps et les mains.

Montrer un début de compétence
à l’esquimautage

Le candidat aura droit à 3 essais. A chaque essai, l’examinateur pourra guider ou tenir la pale de la pagaie, mais pas tenir le bateau ou le candidat. Un demi-esquimautage suffira (soit descendre et remonter du même côté).

Randonner

Justifier d’au moins 3 sorties de 10 km (d’environ 3h chaque).

Epreuves de niveau 4 en kayak de mer (4 Star)
But

Ces épreuves ont pour objectifs de s’assurer que le candidat a des connaissances et des aptitudes suffisantes pour lui permettre de naviguer en mer en kayak en toute sécurité dans des conditions moyennes sous l’égide d’un responsable compétent.

Il est indispensable de s’être présenté avec succès aux épreuves du 4ème degré en kayak de mer pour être autorisé à s’inscrire à une formation en vue d’obtenir le diplôme de coach du 3ème degré-mer.

Conditions préliminaires

Avoir passé les épreuves de niveau 3 de la BCU. Au cas où un candidat ne se serait pas soumis à ces épreuves, l’examinateur effectuera un contrôle préalable, sous sa responsabilité, des acquis du candidat concernant les niveaux 1 à 3.

Le candidat devra avoir participé à au moins 3 randonnées d’une journée en mer. Pour être recevable en tant que telle, la randonnée devra s’être effectuée en eau libre (soit, à chaque fois que possible, jusqu’à 3 milles d’un abri).

Il est acceptable, toutefois, que la randonnée se soit effectuée en longeant une côte qui ne comporte ni falaises, ni violents courants de marée, ni atterrages difficiles, ni longues traversées. Le vent ne devra pas dépasser la force 4. Le nombre de randonnées effectuées en estuaire ne devra pas dépasser l’unité. La randonnée devra avoir duré au moins 4 heures, et comporter une pause pour le déjeuner, le candidat s’étant muni d’une quantité suffisante de nourriture et de boisson pour sa consommation personnelle.

Au moins l’une des randonnées devra s’être effectuée le long d’une portion de littoral complètement différente des 2 autres.

Conditions de l’évaluation et site des épreuves

Les épreuves se dérouleront en mer, dans des conditions moyennes (de vent et d’état de la mer de 2 à 4 Beaufort) de préférence sur une journée de randonnée. Si les conditions se dégradent, l’examinateur avisera, mais s’attendra à ce que la conduite du kayak s’exerce avec compétence. Pour des raisons de sécurité, la sortie se fera à au moins 3 kayaks. Les épreuves ne sauraient se dérouler par calme plat.

L’examinateur

Un coach de kayak de mer du 3ème degré au minimum, c’est-à-dire un examinateur de classe A1.

Connaissances théoriques

Le candidat devra pouvoir répondre aux questions suivantes, concernant :

L’équipement

Faire la preuve d’une bonne connaissance du kayak, de la pagaie et de l’équipement personnel.

La sécurité

Avoir une claire connaissance :

des règles de sécurité s’appliquant tout particulièrement au kayak en mer
des incidences de la marée, des courants et du vent
de l’organisation des gardes-côtes et des services de sauvetage en mer
des eaux sur lesquelles on est en train de naviguer et des conditions qui s’y attachent
des dangers potentiels (en particulier dans les estuaires très fréquentés et sur les chenaux de navigation)
des règles de base pour éviter une collision et pour émettre des signaux sonores.
Hypothermie / premiers soins

Démontrer une bonne connaissance de ce qu’est l’hypothermie à la suite d’une immersion, ses causes et symptômes. Se montrer en mesure de faire face à un incident courant nécessitant des premiers soins – tel une coupure au front ou à une main -, ou présenter un diplôme de secouriste.

L’accès

On fera usage de cette liberté de base qu’est le droit de pagayer en mer, en prenant garde de ne pas desservir l’activité par une attitude irresponsable.

Il convient de savoir que certaines autorités portuaires ont le droit de taxer les kayakistes, et ne s’en privent pas.

L’environnement

Prendre en compte les règles de conduite telles que définies dans la plaquette de la BCU « Le bon accueil se mérite », en évitant, par exemple, de déranger la faune sauvage en jouant à cache-cache dans les rochers, ou de quelque autre manière.

Etablir des prévisions

Se montrer en mesure, à partir d’une carte marine :

de tenir compte des marnages
d’identifier les risques naturels, tels que courants de marée, falaises
d’identifier le balisage
d’établir des prévisions en fonction de la marée

Se montrer en mesure d’utiliser une boussole pour un éventuel changement de cap.

Météo

Savoir où s’adresser pour les prévisions météo et connaître les effets météorologiques sur l’état de la mer.

De façon générale

Le candidat devra avoir une bonne connaissance des différentes sortes de canoës et de kayaks qu’il pourra être amené à utiliser, et de la variété des activités liées à la pratique du canoë et du kayak, sans oublier celles liées aux Championnats du Monde et aux Jeux Olympiques, y compris les résultats obtenus par les compétiteurs britanniques.

L’esprit de groupe

Faire montre de l’esprit de groupe et du sens des responsabilités inhérents à une randonnée en mer de niveau 4.

Le candidat devra savoir lire une carte, évaluer la distance entre 2 points, et se servir de la signalisation et des éléments remarquables pour reconnaître sa position, utiliser la boussole, tenir compte de la dérive en mer ouverte.

Le candidat, son kayak, son équipement

Chaque candidat se présentera aux épreuves entièrement équipé. Les équipements empruntés seront considérés comme lui appartenant.

Voici la liste des équipements qui devront être présentés à l’inspection :

Kayak et pagaie

Les kayaks doivent être munis de poignées qui permettent de s’en saisir, en particulier lors d’un sauvetage, sans se coincer la main. Les lignes de vie doivent être tendues, et ne pas pouvoir lâcher, ni s’emmêler dans la zone de l’hiloire. Les éléments de flottaison doivent être correctement arrimés et installés dans les espaces vides disponibles hormis le cockpit  dans tout kayak d’un modèle agréé. Les caissons hermétiques y suffisent dans le cas des kayaks de mer.

Habillement

L’habillement personnel doit être adapté aux conditions de temps attendues, et les vêtements du dessus doivent pouvoir protéger du vent et de la pluie.

Gilet de sauvetage, couvre-chef et jupe

Le kayakiste devra porter un gilet de sauvetage d’une poussée d’au moins 50 Newton. S’il s’agit d’un gilet gonflable, le candidat devra savoir quand et comment le gonfler et dégonfler.

Il est recommandé de porter un casque, ou un bonnet, ou un chapeau, de couleurs vives.

La jupe doit comporter une languette facile à tirer.

Trousses de secours et de réparations

La trousse de secours doit être munie des éléments de premiers soins tels que définis dans la partie Théorie.

La trousse de réparations devra être conforme au type de kayak utilisé.

Vêtements de rechange

On devra avoir avec soi des vêtements de rechange adéquats. Ils devront être adaptés aux conditions du moment et utilisables dans un sac de survie en cas d’hypothermie.

Pique-nique

On devra emmener un pique-nique et de quoi se faire une boisson chaude (peut-être dans une bouteille thermos).

Equipement d’urgence à usage personnel

Devront en faire partie : une boussole ; de la nourriture en cas d’hypoglycémie ; un sifflet ; un sac de survie d’au moins 1,80 m x 0,90 m ; une lampe-torche ; des allumettes ou un briquet ; des fusées ou tout autre moyen approprié de signaler la position sur l’eau.

Sacs étanches

Les équipements transportés doivent être rangés dans des sacs étanches, qui le restent même en cas de dessalage.

On peut se présenter à l’examen avec tout type de kayak, pourvu qu’il soit équipé de façon satisfaisante et permette au candidat de subir les épreuves dans leur totalité.

Epreuve pratique en eau calme
Esquimautage

Quand le kayak est d’un modèle approprié, le candidat devrait être en mesure de faire un esquimautage. On autorisera le candidat à se préparer avant de dessaler. On se contentera d’un esquimautage sur un seul côté. Si le reste des épreuves s’est passé de façon satisfaisante, rater un esquimautage ne sera pas éliminatoire.

Epreuves pratiques sur plan d’eau ouvert
La mise à l’eau

Le candidat devra faire la démonstration qu’il peut mettre un kayak à l’eau quelques soient les conditions (météorologiques, d’approche…)

Technique de pagaie efficace, aussi bien en propulsion qu’en rétropropulsion

L’examinateur s’intéressera plus particulièrement à une position assise correcte, la mieux appropriée à une maîtrise dynamique du kayak, à la manière correcte d’introduire la pale dans l’eau et de l’en sortir ; être en mesure de faire se déplacer le bateau en ligne droite ; un coupe de pagaie suffisamment vigoureux pour faire avancer le bateau à contre-courant et face au vent ; une bonne rotation du tronc ; un bon écartement des mains sur le manche de la pagaie.

Faire faire une rotation de 360° au kayak

Dans les 2 sens, en utilisant des circulaires avant et arrière alternativement. La pale est tout juste immergée ; on utilise une extension complète du bras ; le coude est légèrement plié. On tire la pagaie loin derrière soi vers la poupe, et l’autre bras pousse la pagaie en l’air vers l’avant. Le corps se retourne pour plonger la pagaie dans l’eau vers la poupe du kayak. Si le kayak est équipé d ‘un gouvernail, on doit là aussi être en mesure de l’utiliser aussi bien pour une rotation vers la droite que vers la gauche, le guidage s’effectuant cette fois à l’aide du seul gouvernail.

Arrêts d’urgence

Les effectuer aussi bien en propulsion qu’en rétropropulsion. Le changement de direction doit se faire en 4 coups de pagaie.

Faire évoluer le kayak latéralement aussi bien vers la droite que la gauche.

Un bras en l’air le plus haut que possible, la pale profondément enfoncée. Exercice à effectuer aussi bien vers la droite que la gauche, en ligne droite.

Appuis en poussée, en suspension/hauts et bas

A réaliser de chaque côté. Pour un appui en suspension/haut, l’eau doit atteindre la taille du pagayeur, et l’on se rétablit en tirant vigoureusement la pagaie à soi et en se servant de ses hanches.

L’appui pagaie

En poussée et en suspension des 2 côtés. Au cas où les vagues ne le permettent pas, le candidat doit pagayer vigoureusement en avant puis faire glisser la pale à plat, à angle droit par rapport au kayak, à la surface de l’eau.

Pour un appui en suspension, l’eau doit atteindre la taille du pagayeur au point initial du coup de pagaie.

Appui en gouvernail de poupe.

La pale de la pagaie doit être placée verticalement dans l’eau très en arrière vers la poupe. Le candidat doit se montrer apte à maintenir la progression du kayak en ligne droite, par vent arrière sur les petites vagues, en maintenant la pagaie d’un seul côté.

Atterrage

Faire accoster un kayak sur une plage en marches avant, arrière et latéralement (en marche avant seulement si le kayak est équipé d’un gouvernail). Il s’agit d’un accostage guidé, pas d’une arrivée en surf. On fait accoster le kayak en tenant compte du mouvement des vagues.

Dessalage et sauvetage

On s’exerce à dessaler, puis à se faire repêcher en eau profonde. On prend d’abord en charge un sauvetage, puis l’on se place dans la situation de la victime. Toute attitude de crainte ou de panique et l’incapacité à garder le contrôle du kayak pendant l’exercice, entraînera automatiquement un résultat négatif à l’examen. Le dessalage doit présenter un caractère imprévu, sans déjuper, soit à l’occasion d’un appui ou d’un appel raté.

Maîtrise des vagues

Démontrer une aptitude à pagayer face à la vague/vent debout, par vent arrière et par vent de travers.

Maîtriser une mer peu formée

Montrer une aptitude à maîtriser une mer peu formée (houle maximale de 3 pieds/1m) de manière à pouvoir sans dommage quitter le rivage ou y revenir.

Nœuds

Faites les nœuds suivants, en expliquant ce à quoi ils servent :

Bow line : nœud de chaise, nœud d’agui
figure of 8 : nœud en 8
round turn and two half hitches : tour mort et deux demi-clefs ( ?)
clove hitch : nœud de cabestan
Randonnée

Apporter la preuve que l’on a participé à des randonnées en mer d’au moins 3 jours, telles que décrites dans les « Remarques préliminaires ».

Epreuves de niveau 5 en kayak de mer (5 Star)
But/Objectifs

Le but de ces épreuves/ce contrôle d’aptitude est de s’assurer que le candidat qui s’y soumet avec succès a les connaissances et les aptitudes satisfaisantes pour emmener en mer un groupe de kayakistes de compétence équivalente, y compris les plus qualifiés, en toute sécurité, dans les conditions qui s’imposent en Grande-Bretagne. Utilisées dans les conditions d’encadrement de référence, le but est de s’assurer que le candidat a les compétences suffisantes pour encadrer et emmener des groupes de kayakistes dans les situations les plus exigeantes.

Ces épreuves de niveau concernent les kayakistes qui se déplacent sur des mers où il leur faut prendre en compte les courants de marée, les raz, caps et promontoires, la navigation au large, la houle et le trait de côte dans sa complexe diversité.

Les épreuves de niveau 5 ne doivent pas être réservées à une élite peu nombreuse ; elles concernent tous ces gens qui naviguent/pratiquent régulièrement en mer. On estime que le kayakiste moyen qui pratique régulièrement est en mesure de passer ce niveau au bout de 3 années de pratique assidue en mer.

Conditions préalables

En raison du caractère particulier de ces épreuves, du fait que le candidat qui les aura subies avec succès aura vocation à se voir confier la responsabilité d’un groupe de personnes, il est indispensable que le candidat présente l’attestation préalable d’une formation de 3 jours à la navigation en mer pendant laquelle il travaillera l’aptitude à encadrer un groupe de kayakistes, à en assurer la sécurité et à porter secours à tout pratiquant en difficulté. Cette formation peut s’obtenir dans le cadre d’un stage de perfectionnement ou être attestée par un formateur du 5ème degré.

Le candidat devra apporter la preuve qu’il a fait au moins 6 randonnées en mer présentant les conditions dont la liste suit :

une randonnée d’une distance minimale de 20 nautiques (voir à « randonnée »)
une traversée en pleine mer d’au moins 5 milles
une navigation avec visibilité réduite et de nuit
une navigation avec des vents d’au moins force 4
une navigation avec impossibilité de débarquer (par vent arrière avec des obstacles devant soi, avec des courants de marée et des falaises)
une navigation en bivouaquant en autonomie complète
une navigation avec des courants de marée d’au moins 3 nœuds
avoir pagayé avec de la houle et des vagues (en mer formée)

Le candidat devra apporter la preuve qu’il a déjà subi avec succès les épreuves du niveau 4 de la B.C.U. s’il sollicite auprès d’un moniteur du 5ème degré/coach l’attestation l’exemptant de toutes les épreuves préalables décrites ci-dessus.

Le candidat doit avoir un brevet de secouriste en cours de validité (du niveau de celui octroyé par la B.C.U., correspondant à 8 heures de formation, le Lifeguards Aquatic First Aid).

On prendra en compte l’un ou l’autre des brevets de secouriste agréés sur le plan national, à condition qu’ils correspondent à une formation minimale de 8 heures.

Jury

Présidé par un formateur mer (coach) du 5ème degré assisté d’un formateur mer du 4ème degré.

Programme théorique

Navigation, météo, équipement, environnement, histoire, 1ers secours.

Pratique

Présenter une technique de propulsion dynamique et efficace.

Démontrer une aptitude à manœuvrer et contrôler un kayak dans toutes sortes de situations. Mettre à l’eau et accoster dans toutes sortes de situations.

Exécuter différentes formes de sauvetage.

Esquimauter en mer formée.

Connaître plusieurs façons de prendre quelqu’un en remorque.

Montrer l’aptitude à se diriger sur l’eau/suivre un itinéraire.

Savoir prendre un groupe en charge, en se préoccupant du bien-être de chaque membre du groupe.

Démontrer son aptitude à faire face à toute une série d’incidents.

Randonner

Il est nécessaire d’avoir participé à au moins 6 randonnées en mer dans un nombre important de conditions différentes.

Il faudra que 2 de ces randonnées se soient faites en des lieux différents. Au moins l’une des randonnées aura comporté une nuit sous tente ou en bivouac.

Méthodes d’évaluation
La théorie/les connaissances théoriques

Le candidat sera soumis à 2 épreuves écrites. La 1ère épreuve prendra la forme d’un mémoire préparé au cours de la phase de formation et sera remis avant le déroulement des épreuves pratiques pour lesquelles le candidat pourra utiliser toute la documentation à sa disposition dans l’élaboration des réponses aux questions posées. La 2nde sera un exercice de navigation qui se déroulera habituellement le 1er soir des épreuves d’évaluation. En 2 heures, le candidat devra avoir fourni une quantité suffisante de travail pour permettre aux examinateurs d’émettre un jugement sur sa compétence.

Navigation

Préparer 2 jours de randonnée dans un secteur inconnu comportant une traversée.

Météo

Savoir où se procurer bulletins météo et de navigation en mer. Comprendre le fonctionnement probable du passage d’une dépression.

Avoir des connaissances dans les domaines dont la liste suit :

la genèse des brouillards, vents de terre et vents du large, l’influence du relief, les grains.
la relation entre le tracé des isobares sur une carte synoptique et les vitesses et directions de vent résultantes.

Etre en mesure d’établir une relation entre les observations du ciel, de l’état de l’atmosphère et de l’état de la mer, d’une part, et l’évolution probable du temps.

Equipement

Montrer des connaissances dans l’évolution des techniques et de la pratique du kayak de mer.

Gardes-côtes

Connaître le rôle et les responsabilités du Service de Gardes-Côtes.

Examen pratique

Les épreuves d’évaluation se dérouleront sur un week-end ou une période de temps similaire. La 1ère soirée sera consacrée à l’épreuve de navigation et à l’organisation de la session, suivie d’une randonnée de 2 jours et une nuit, de niveau d’organisation et de compétence technique requis, dont une nuit en bivouac.

Pagayage

Le candidat devra faire montre de ses aptitudes à pagayer dans des conditions de mer et de vent variées dont par vent arrière et vent de travers.

Savoir manœuvrer et faire montre de maîtrise

Le candidat devra démontrer son aptitude à manœuvrer aussi bien face à des obstacles statiques que des obstacles en déplacement et à maîtriser ses déplacements dans les courants et les mers formées. Quand le bateau est équipé d’un gouvernail ou d’une dérive, le candidat devra, en cas de fausse manœuvre, montrer qu’il sait garder la maîtrise de son bateau.

Mise à l’eau et accostage

Le candidat devra montrer son aptitude à mettre à l’eau son bateau et à accoster et à aider les membres de son groupe à le faire, dans n’importe quelle condition. Il peut s’agir de plages, de goulets rocheux, de promontoires, y compris avec de la houle. Le candidat devra aussi démontrer son aptitude à aider un kayakiste blessé à accoster.

Sauvetages

Le candidat devra connaître un choix varié de façons de venir en aide à un kayakiste en difficulté et les adapter aux conditions du moment. On s’attend à ce qu’il soit en mesure d’intervenir sur un kayak chargé sans l’aide de quiconque, sauf si l’un des kayakistes est blessé. De plus, le candidat devra apporter la preuve qu’il maîtrise divers moyens de se sortir seul d’affaire et en présenter un. Cette partie de l’examen ne doit pas se faire sur une eau calme, sans qu’il soit nécessaire pour autant de l’exécuter par fort vent arrière.

Esquimautage

Faire un esquimautage en mer formée.

Prendre en remorque

Le candidat devra disposer d’un système de remorquage à son bord, en ayant présent à l’esprit qu’il ne devra pas être rigide et qu’il puisse être abandonné puis facilement récupéré. La démonstration concernera aussi bien le remorquage par une seule personne que le remorquage multiple.

Navigation

Le candidat devra apporter la démonstration qu’il sait tenir un cap lors d’une traversée et calculer un itinéraire avec changements de cap. Le candidat devra apporter la preuve qu’il sait naviguer avec une visibilité limitée et dans l’obscurité. Il devra se montrer apte à prendre un nouveau cap en fonction du vent et de la marée. Il devra également se montrer apte à lire une carte et identifier le balisage maritime.

Conduire un groupe

Le candidat devra assurer la responsabilité/le contrôle du groupe sur l’eau. Il devra aussi se préoccuper du bien-être des membres du groupe tout au long de la randonnée. On n’insistera jamais assez sur la nécessité de se sentir en permanence responsable du groupe.

Incidents

Le candidat devra avoir à son bord, et à portée de main, l’équipement nécessaire pour porter secours en cas d’incident. Il devra avoir une trousse d’urgence/de 1ers soins et savoir s’en servir. Il devra aussi transporter un nécessaire de réparations. Il faudra être en mesure d’effectuer une réparation d’urgence sur l’eau et des réparations plus importantes/conséquentes à terre.

Le candidat, plus généralement, devra être prêt à faire face à tout type d’incident au cours de la randonnée.

Equipement

On s’attend à ce que, au moment où le candidat se présente à l’examen, il sache ce dont il a besoin pour organiser une randonnée de plusieurs jours. Bien sûr, il y a place pour des choix personnels en matière d’équipement mais ces choix devront être justifiés. Il n’est pas essentiel que les candidats se présentent à l’examen avec un kayak de mer mais, dans la mesure où ils navigueront avec des kayakistes utilisant ce type de bateau, il leur faudra avoir essayé divers types de kayaks de mer, aussi bien monoplaces que biplaces.

Commentaire sur les Star tests

par Derek Hairon

Les tests pour les étoiles niveau 1 à 3 sont principalement basés sur la technique.

La 4ème étoile demande une grande conscience et connaissance de la mer et du milieu marin. Par exemple, un groupe niveau 4 sera capable d’aider, d’intervenir pendant un accident. Un groupe niveau 2 & 3 attendra les instructions du coach ou du chef de groupe pour appréhender l’accident.

Pour l’obtention de la 4ème étoile, le débat à propos de l’esquimautage continue. Beaucoup d’examinateurs ne recalent pas une personne sous prétexte qu’elle ne peut pas esquimauter mais, pour combler cette lacune, elle devra être très performante dans les autres tests.

La 5ème étoile atteste d’un haut niveau de connaissance. La manière dont vous vous comportez avec un groupe est très importante. Quelques superbes pagayeurs ont été recalés parce qu’ils trouvaient trop difficile de travailler et de rester dans un groupe. D’autres, ont été recalés parce qu’ils trouvaient cela trop dur de diriger, d’encadrer. Ceci peut se produire lorsque l’on a l’habitude de toujours pagayer avec le même groupe d’amis.

Coachs – résumé

Avoir toutes les conditions requises dès le départ (profil des 1 à 5«).

La définition du mot « coach » se rapproche de celui « d’instructeur » mais la conception du rôle d’un « coach » par la BCU est supérieur à un instructeur ou à un entraîneur. Il a beaucoup plus de capacités, des méthodes d’enseignements variées, etc…
Niveau coach 1

Eau calme – Contrôler un groupe sur une eau très abritée. Cela ne vous permet de ne donner seulement qu’une introduction ou aperçu du kayak au groupe.

Stagiaire niveau coach 2 :

Après avoir suivi des cours professionnels, on peut intervenir sur une aire de navigation intérieure très abritée et non surveillée.

Niveau rarement utilisé pour le kayak de mer.

Niveau coach 2 :

A suivi une formation pour évaluation.

Peut encadrer en eaux abritées et peu sensibles aux marées.

Ce niveau ne donne pas la possibilité d’opérer en mer ouverte.

Peut former des kayakistes à atteindre le niveau 2«

Niveau coach 3 :

Sur la mer ou rivières, kayak ou canoe.

Doit avoir suivi une formation d’entraînement, obtenu l’évaluation.

Peut encadrer des groupes dans des conditions modérées et en eaux côtières.

Le niveau coach 3 est le niveau correct pour être moniteur de kayak dans une école ou un club.

Il correspond à des exigences bien précises. Vous devez être un kayakeur très compétent qui va pouvoir diriger et enseigner les techniques à un éventail de personnes.

Vous devez être titulaire du certificat de 1ers secours + les tests de sécurité canoe.

[Beaucoup de coach 2 trouve qu’il y a une grande différence de niveau entre le coach 2 et le coach 3. Le niveau 3 demande bien plus de connaissances et d’expériences – remarque de Derek HAIRON].

Le niveau 3 est approprié à la mer, pour diriger en mer ouverte dans des conditions modérées.

L’évaluation se fait sur la mer – avec des courants de 1 à 2 nœuds, avec différentes lignes de côtes et différentes conditions de débarquement.

Vous devez posséder l’examen de sécurité canoe + le certificat de 1ers secours – souvent l’examen se déroule sur 2 jours.

L’examen consiste à :

Pratique d’enseignement – pour enseigner le niveau 3«
Capacités personnelles en kayak – correspond au niveau 4«
Comme chef de groupe pour une sortie (+/- 3« niveau  – ≥ 4-5 heures
Oral : faire un exposé de 10 mn sur le kayak et sa pratique.
Répondre à un questionnaire – but : tester les connaissances sur la pratique du canoe et du kayak
Entretien
Attitudes et approches générales
Sauvetage et premiers secours

Tout coach niveau 3 doit être capable d’enseigner toutes les techniques de base pour pagayer, diriger un groupe de niveau 3« et de le faire évoluer.

Savoir esquimauter

Démontrer un bon contrôle de groupe et une conscience pointue de la sécurité.

Faire front aux incidents en mer : tout le monde a chaviré, remorquage, débarquer en surf, débarquer sur des rochers …

L’examen sert également à vérifier que le candidat est bien motivé, bien organisé, à l’heure, attitude positive, qu’il peut enseigner à un public varié les techniques du kayak.

Niveau coach 4 :

Mer ou rivière, kayak ou canoe.

Devoir posséder le certificat 5« et avoir suivi une formation qui vous apprend les méthodes d’enseignement (coaching).

Le niveau coach 4 est le niveau nécessaire pour encadrer et diriger dans des conditions plus poussées.

Niveau coach 5 :

Ce diplôme a une valeur générale. Il désigne des personnes compétentes, expérimentées, fiables, motivées, très au fait de tout ce qui concerne le kayak, qui peuvent diriger les entraînements et fournir des conseils au niveau le plus élevé.

NB : Tous les coachs du 5ème degré n’ont pas le pouvoir de décision pour l’octroi des diplômes du 5ème niveau de compétence ou de coach des 3ème, 4ème et 5ème degré. Il leur faut aussi avoir le statut d’examinateur (coach et examinateur sont des fonctions séparées).

Comment devenir coach du 5ème degré :

Une formation théorique d’une semaine, suivie d’une mise en pratique sur une période pouvant aller de 6 mois à 3 ans, avec un examen au bout.

ou,

localement, une formation à la fonction de coach du 5ème degré, étalée sur une période de 6 à 12 mois, en 12 à 16 journées.

Conditions préalables
Etre âgé de 21 ans.
Etre coach du 4ème degré.
Avoir atteint le niveau 4 de compétence dans une spécialité de pagayage qui ne soit pas celle du diplôme de coach du 4ème degré.
Etre détenteur du diplôme de secouriste (8 heures de formation).
Figurer sur les listes du siège de la BCU (bureau central)
Avant d’entreprendre la formation, vous serez soumis à un examen de contrôle écrit.
Il vous faudra aussi produire la liste mise à jour des encadrements que vous avez assurés.
Programme

Pédagogie

Prévention des accidents (physiologie du sport)

Méthodes d’entraînement et leur pédagogie

Comment établir des objectifs

Vérifier les acquis

Savoir transférer et intégrer les compétences mises au point pour d’autres spécialités

Maîtriser les compétences spécifiques à la discipline

Une fois acquises les connaissances théoriques relevant de ce programme, les candidats feront l’objet d’une évaluation en continu de leurs acquis par le coach qui les encadre. Dans ce but, un plan d’action pour la mise en pratique du programme théorique doit être établi, de manière à ce que vous puissiez passer l’examen sous 3 ans.

Evaluation

Vous serez pendant 2 jours sous l’oeil de 2 examinateurs. Ils n’interviendront pas dans les séances d’entraînement que vous serez en train de diriger. Ils ne font, pendant l’examen, part de leurs réflexions à qui que ce soit. A l’issue de la 2ème journée, ils échangent leurs observations avant de faire connaître le résultat, dont ils font part au candidat accompagné de directions d’actions pour l’avenir. Il vous faut avoir subi avec succès les épreuves de chacune des 2 journées pour être reçu coach du 5ème degré.

Annexes
Derek Hairon

de Jersey kayak Adventures www.jerseykayakadventures.co.uk

Derek Hairon est un encadrant kayak de mer de la B.C.U. (British Canoe Union) titulaire du prestigieux niveau 5 de la formation des coachs. Il détient également un certificat de premier secours et un certificat de navigation côtière. C’est un coach confirmé qui fait carrière en enseignant le plein air au Royaume Uni. Plus de vingt-cinq ans d’expérience du kayak de mer, incluant le tour d’Irlande en kayak, le Nord de L’Ecosse, les îles Féroé et l’Alaska. Il navigue également en eaux vives et a participé à des expéditions au Népal, pagayant sur les rivières Tamur et Marsyandi.

Lorsqu’il ne pagaie pas, il fait de la randonnée à pied, tel le célèbre GR20 de Corse, il pédale ou fait du ski.

Parallèle entre la France et les pays Anglo-saxons

Les évaluations équivalentes aux Stars (étoiles) sont les Pagaies Couleurs (FFCK)

Les évaluations parallèles aux Coachs sont :

les diplômes fédéraux (FFCK) : initiateur et moniteur.
les diplômes professionnels d’Etat, essentiellement BE (Brevet d’Etat) et BPJEPS (Brevet Professionnel Jeunesse, Education Populaire et Sport).
Euro Paddle Pass (EPP)

Voir article bulletin CK/mer n°105, avril 2005. EuroPaddlePass – www.europaddlepass.com.

L’Euro Paddle Pass est un support qui établi des équivalences entre les systèmes d’évaluation de 6 fédérations européennes. Parallèlement, un travail d’harmonisation des formations est effectué.

La FFCK travaille sur le projet « D’une Pagaie A L’autre (DPAL) » qui est l’évolution de « Pagaies Couleurs ». La mise en place est prévue à partir de 2007. A ce jour, 400 fiches ont été réalisées et testée lors de séances sur l’eau (fiches de progression, fiches d’évaluation, fiches de contenu). Quelques changements : esquimautage dès la pagaie bleue et niveau renforcé sur les 3 thèmes (sécurité, technique, environnement).

Sur le site www.ffck.org : cliquer sur « Pratiquer », puis « Pagaies couleurs », puis « En savoir plus sur DPAL ».

Les noms du dispositif par pays :

Euro

PaddlePass

France

Angle-terre

Irlande

Suède

Danemark

Slovénie

Pagaies

Couleurs

Star

System

Paddle

Plus

Paddel

Passet

Euro

Paddle Pass

Barvna

Vesla

Découverte-blanc

Pagaie blanche

Discovery

Niveau 1 – jaune

Pagaie jaune

1 star

Level 1

Gul

Level 1 – Gul

Rumeno Veslo

Niveau 2 – vert

Pagaie verte

2 stars

Level 2

Grøn

Level 2 – Grøn

Zeleno Veslo

Niveau 3 – bleu

Pagaie bleue

3 stars

Level 3

Blå

Level 3 – Blå

Modro Veslo

Niveau 4 – rouge

Pagaie rouge

4 stars

Level 4

Röd

Level 4 – Rød

Rdeče Veslo

Niveau 5 – noir

Pagaie noire

5 stars

Level 5

Svart

Level 5 – Sort

Črno Veslo

__________

Traduction

Lexique français-anglais des termes de kayak, une référence intéressante : « Manuel technique du kayak de mer » du québécois Dany Coulombe (page 261 à 284), éditions Broquet. Livre pouvant être commandé à la Librairie du Canotier, www.canotier.com.

__________

Contacts

CK/mer. Contact : Véronique Olivier (présidente), 13 square René Coty, 35000 Rennes ; tél : 02 99 54 01 23 / 06 24 41 38 72

Rando Kayak de Mer (RKM) – Maison des associations – Rue de la Tannerie 56000 Vannes. Contact : Fabienne Lauret (présidente), tél : 02 97 48 39 02.

Manche Ouest, Keravel, 36 impasse du petit gouffre, 22730 Trégastel. Contact : Christian Scalbert, tél : 02 96 15 97 56 / 06 76 21 26 11

Un site internet incontournable, “Sea Paddler” des Jersiais Kevin Mansell (5 coach – sea) et Chris Jones (4 coach – sea) : www.seapaddler.co.uk.

[GL]

Catégories
kayak de mer

Roscoff-Paimpol avec le CNT

Article paru dans le bulletin n° 105, p. 10 à 13.

(CNT : Centre Nautique du Trieux)

Depuis 2006, le CNT a fusionné avec le CNL pour formé le CNPLM (Centre Nautique Paimpol Loguivy de la Mer) 02 96 20 92 80 http://www.pole-nautique-paimpol.com/

par Louis Le Bégat

Dimanche 22 août 2004, 837ème jour, Paimpol.

Avant la randonnée, c’est déjà la randonnée.

Dès vendredi soir à Coz Castel, en l’aimable présence de Guy Lecointre et Véronique Olivier, avec François Lagrange et Yves Guilbaud, et aussi André-Pierre De Craan, qui profite d’être en vacances à Kerloury pour se joindre à nous, s’est tenue une 1ère réunion de préparation, document mis au point par Guy à l’appui. Il s’est déjà révélé que la liste précise des participants n’était pas encore arrêtée.

Hier soir, nous savions que Roger Le Brech serait des nôtres, comme nous le savions déjà pour Jean-Yves Leven.

Ce matin Odile Fenard, dont nous savions qu’elle souhaitait aussi en être, contactée au téléphone avant qu’Yves et moi partions faire les courses pour le groupe, nous a appris qu’elle les avait déjà faites pour elle-même : nous les avons donc faites pour 6.

Lundi 23 août 2004, 838ème jour, terrain de camping de Primel-Trégastel

Coef. 57. PM : 11h31 ; BM : 18h00.

A 9h, heure prescrite, nous étions tous à Coz Castel : sauf Jean-Yves, dont nous savions déjà que, sur la route de son retour de Corse, il nous rejoindrait directement à Roscoff. Joint par Yves dès son arrivée au CNT, nous avons appris que Jean-Yves se trouvait à ce moment-là à Montargis, et que donc il n’escomptait pas être à Roscoff avant 17h.

Une telle nouvelle n’a rien fait pour accélérer les préparatifs. Odile est allée avec Yves chercher son kayak chez lui, où, au départ, nous avions prévu de le prendre au passage. François s’est souvenu qu’il n’avait pas acheté à manger à ses canards. A force d’allées et venues, de conciliabules pour occuper le temps, enfin tous à nouveau réunis nous avons décidé que nous pouvions très bien faire le 1er pique-nique de midi à Coz Castel avant de prendre la route.

Avant l’arrivée de Jean -Yves, à Roscoff nous avons préparé les kayaks pour toute la randonnée, y compris le sien. Il était là pour le portage ; la mise à l’eau s’est faite juste à la renverse de basse mer à 18h.

Elle s’est faite avec circonspection : la météo annonçait des vents –heureusement de SO- de force 4 à 5, avec des rafales à force 6, et il suffisait de lever les yeux pour voir les grains se présenter les uns derrière les autres.
Bien sûr, dès que nous nous sommes trouvés à la pointe de Bloscon à nos premiers coups de pagaie, nous voyions l’autre côté de la baie de Morlaix. Pour mieux apprécier la situation, Yves a fait mettre le cap sur la tourelle de Menk, d’où nous sommes allés chercher l’abri des rochers des Bizeyer. Nous avons constaté que l’addition de la montante et du vigoureux vent de SO, qui nous faisait certes dériver vers le Nord, nous faisait aussi bien avancer et avons en conséquence décidé, qu’au lieu d’aller tout de suite, soit au bout d’à peine une demi-heure de navigation, nous poser à l’Ile Callot, il était mieux, en recherchant les abris de l’Ile Verte et des rochers de la réserve ornithologique, abris substantiels à la marée basse, de traverser tout de suite la baie.

Avec la montante et le vent dans le dos, nous sommes arrivés à toute vitesse en face du Diben. C’est là qu’Odile a proposé que, tant que nous y étions, nous doublions la pointe de Primel, qui pourrait se révéler un obstacle difficile à franchir le lendemain si le vent virait à l’Ouest, comme annoncé.

Cette pointe de Primel pousse vers le Nord une langue de terre très effilée. Par la mer se dresse devant soi une haute masse rocheuse d’une cinquantaine de mètres d’élévation. A marée basse, il faut s’avancer vers le Nord pour se faufiler entre les nombreuses roches qui émergent, et l’entrée dans l’anse de Primel se fait en laissant sur sa droite une peu engageante plate-forme d’abrasion développée sur une importante superficie.

Roscoff : 18h20 2 h de navigation

Primel : 20h20 env. 8 milles parcourus

Mardi 24 août 2004, 839ème jour, Loquirec

Coef.52/47. PM : 12h33 ; BM : 19h05

Entendre toute la nuit la pluie crépiter sur le double toit de la tente est d’autant plus dur qu’on sait que la marée n’attendra pas, qu’il faudra se lever de toute façon.

Yves et François avaient installé le petit-déjeuner sous l’auvent des sanitaires du camping, à l’abri de la pluie qui tombait toujours ce matin. Un répit entre deux averses nous a au moins permis de tout remettre sans dommage dans les kayaks. Si l’agréable terrain de camping municipal de Primel présente l’avantage d’être immédiatement au bord de la mer, escalader dans les deux sens hier soir et ce matin le superbe cordon de galets de granit qui garnit le fond de l’anse représente un effort de portage qui prend du temps et de l’énergie.

Un vent, toujours de SO (force 5), nous a poussé, à la mi-marée montante, de Primel à Loquirec, en 2 heures trois-quarts, pour arriver à destination à midi et demi, soit exactement à l’étale de haute mer. Le balancement de la houle le long de cette côte sans îles avait creusé la mer plus fortement que la veille et sous les rafales, la progression était rapide, à défaut d’être toujours confortable.

Au-delà des clochers de Plougasnou et Saint Jean-du-Doigt -le saint patron des gynécologues, selon Odile-, la côte se fait haute falaise sans échancrure bordant un plateau massif sans habitations face au Nord. Puis, à Beg an Fry, elle s’incurve vers le SE : il y a là une belle promenade à pied le long de la falaise de Guimaëc, qu’on peut agréablement mener jusqu’à Poul Rodou, où se situe le café librairie Caplan and Co.

Franchi le dernier obstacle de la pointe de Loquirec, nous décidions d’y chercher un endroit où nous poser, et c’est à l’embouchure du Douron, face aux thermes gallo-romains du Hogolo, que nous l’avons trouvé, au terrain de foot municipal établi dans les dunes à ras de l’eau.

Le bourg de Loquirec, station balnéaire de caractère à la gracieuse architecture de schistes, dont les séries redressées à la verticale présentent un cheminement coloré le long de la grève, nous a offert une après-midi bienvenue de promenade dans des rues resserrées autour du port, avec un choix de terrasses de café où s’installer, discuter de la navigation du jour et de celles des jours à venir.

Primel : 9h45 2h3/4 de navigation

Loquirec : 12h30 env. 8 milles parcourus

Mercredi 25 août 2004, 840ème jour, Ile Morvil

Coef.44/43. PM : 14h03 ; BM : 20h36

Se faire réveiller par la pluie au lever du jour n’est décidément pas la sensation que je préfère en bivouac. Il fallait pourtant bien partir avec la marée montante, le plus tôt possible après la renverse pour en profiter pleinement.
Le vent était toujours au SO (force 5) quand nous nous sommes extraits de Loquirec, après avoir méandré parmi ses sables avec le Douron vers la tourelle de la Roche Rouge puis en direction du port, avant de nous diriger sur le mouillage qu’abrite la pointe de Loquirec des vents d’Ouest, pour nous placer face à notre objectif de la journée, et non sans que Jean-Yves, sans que rien ne l’annonce, se retrouve à l’envers pour un bain matinal.

La combinaison de la montante et du vent toujours au SO nous a fait prendre la décision de mettre le cap sur l’Ile Milliau droit devant nous, en traversant au large la baie de Lannion au plus court. Une mer creusée par une houle bien formée qui se dévalait de crête en creux en un balancement régulier nous a fait avancer à bonne allure rythmée par les conseils généreusement prodigués par Odile à Jean-Yves et André-Pierre, les plus novices de nous 7, sur la façon de tirer le meilleur parti de son coup de pagaie dans ce genre de conditions de navigation.
Un gros grain que nous voyions sur notre gauche s’avancer sur nous a brusquement fait virer le vent au NO, ce qui nous a fait venir nous placer parallèlement à l’Ile Milliau pour lui faire face. Au bout de deux heures trois quarts de navigation, nous débarquions à l’Ile Molène, bien à l’abri pour un bref pique-nique. Il était midi et demi.

Ce vent de NO de force 5 à 6 nous a fait prendre la décision de profiter du plein pour tenter de passer de l’autre côté de l’Ile Grande par le chenal sous le pont. Nous avons ainsi appris qu’en morte eau il ne se remplit pas, et nous en avons été quittes pour une séance de portage, juste à temps avant que le grand estran sableux qui sépare Landrellec de l’Ile Grande n’assèche totalement.

Loquirec : 9h45 5h3/4 de navigation

Morvil : 15h env. 12 milles parcourus

Jeudi 26 août 2004, 841ème jour, Petit Ile d’Er

Coef.45/50 BM : 10h19 ; PM : 16h33

Nous le savions, aujourd’hui devait être la plus longue étape. Et il fallait qu’elle le soit, pour s’approcher raisonnablement de la destination finale.

Mettre à l’eau le plus rapidement possible après la renverse a signifié un portage périlleux parmi les boules de granit, au départ de cette île qui, comme partout dans les îlots de l’Ile Grande, porte de tous les côtés les traces de l’activité passée des carriers.

La houle de NO (force 5) creusait la mer et la précipitait en tous sens à ces pointes rocheuses qui font le spectacle quand on se promène à pied le long du littoral et rendent soudain circonspects les kayakistes, d’autant qu’après la pause bienvenue sur l’Ile des Femmes de Port-Blanc, le passage à la pointe du Château se situait en fin d’une navigation de 6 heures, où l’attention s’émousse.

Passées les pointes de Trégastel et de Ploumanac’h, une mer plus calme a permis d’avancer sans faiblir, selon un itinéraire qui se préoccupait de couper, au plus court, par le Sud de l’Ile Tomé, puis tout droit sur Port Blanc.
Nous avons retrouvé la houle du NO une fois sortis de l’abri de l’Ile Saint-Gildas, avec pour souci d’atteindre au plus vite, en profitant toujours de la montante, d’un vent d’Ouest de force 5, et du beau temps, un passage entre les rochers de la pointe du Château.
Au delà, enfin à l’abri, devant nous la Petite Ile d’Er était à quelques minutes de navigation apaisée.

Morville : 11h15 6h de navigation

Petite Ile d’Er : 17h15 env. 15 milles parcourus

Vendredi 27 août 2004, 842ème jour, Paimpol – Coz Castel

Coef.56/64 Bm : 11h48 ; PM : 17h52

La Petite Ile d’Er offre le charme d’un espace souligné de tous côtés par des cordons de galets de granit reliant les points rocheux les uns aux autres, rehaussé pour ce qui nous concerne par une belle fin de journée ensoleillée vouée au séchage des affaires, à la promenade à pied sur les grèves et à l’un des feux de bois d’André-Pierre. Bivouaquer dans cette île présente l’inconvénient que le chenal qui la sépare de sa grande sœur au Nord s’assèche vite. C’est donc dès le lever du jour que Jean-Yves a fait le tour des tentes (6 pour 7 personnes, on traîne plus de bagages en kayak qu’à sac à dos), pendant que François, en inamovible cuisinier auto-désigné, préparait un hâtif petit-déjeuner. Evitant un portage impossible, c’est ainsi qu’à

8 h 30 nous étions déjà sur l’eau.

En cette partie du monde, la descendante porte, avec la gouttière du chenal de la Gaîne comme force prédominante, vers l’extrémité du Sillon de Talbert, que nous avons atteint bien avant la renverse, au portant, avec un vent qui, pendant la nuit, était revenu au SO (force 5/6).
Avant la mi-marée, on ne peut en cet endroit que faire le tour des Iles d’Olonne. Au lieu de poursuivre, par La Moisie, en direction de l’extrémité Nord de Maudez, nous nous sommes arrêtés à 10h30, une petite heure pour pique-niquer à l’abri d’un rocher en attendant la renverse alors que le vent de SO fraîchissait. Un court portage, par dessus un cordon de galets que la résultante des forces qui s’expriment en cet endroit a placé en séparation du bassin plat à l’Est du Sillon de Talbert et de la mer libre au Nord, nous a fait reprendre notre navigation droit au Sud, à la recherche du passage le plus tôt en eau entre Maudez et Penn Lann. Nous l’avons trouvé quand l’eau a suffisamment monté entre les masses d’îlots rocheux qui ferment l’anse de Pommelin au Nord.
La remontée sur Coz Castel a été une rude bataille face au vent qui soufflait à force 6 cet après-midi, pour une arrivée à 15h au terme de la randonnée.

Tout au long de ces 5 journées, les incertitudes météorologiques ont conduit à effectuer des choix de navigation où l’objectif premier a toujours été de passer avant que les conditions n’empirent. Concertés, ils se sont toujours révélés appropriés, au détriment, forcément, d’une visite au plus près du littoral, qu’un temps plus clément aurait sans doute permise.

Petite Ile d’Er : 8h30 6h1/2 de navigation

Coz Castel : 15h00 env.12 milles parcourus

Notre groupe de 7 personnes, conduit à Roscoff par Patrick Bouchard –il y aurait eu place pour une 8ème personne dans le minibus tractant la remorque portant les 7 kayaks et toutes les affaires à emporter-, était constitué d’Yves Guilbaud, François Lagrange, Jean-Yves Leven et Louis Le Bégat, pratiquants à l’année au CNT, auxquels sont venus se joindre André-Pierre De Crann, Odile Fenard et Roger Le Brech.

Pour rallier Roscoff à Coz Castel, des mises à l’eau aux débarquements, la somme cumulée des temps de navigation atteint 22 h 30, en y incluant les pauses, le plus souvent brèves, et les portages en cours de navigation, pour une distance parcourue d’environ 55 milles.

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Voyage au Sultanat d’Oman

Article paru dans le bulletin n° 111, p. 32 à 34.

par Alain Simonet

Randonnée en kayak de mer, du 22 février au 4 mars 2006.

Jérôme et Nathalie Chastang, Nathalie Guen, Agnès, Jean et Alain Simonet, Michel Souef, Lucienne et Emmanuel Vaucher.

Au NE de la péninsule arabique, le Sultanat d’Oman compte 2,5 millions d’habitants pour une superficie de la moitié de la France. Le Sultan règne sur cette monarchie. Les revenus du pétrole et du gaz semblent en partie redistribués à la population : routes, eau, électricité, santé et éducation pour tous et gratuitement. C’est une société religieuse, mais cette branche de l’Islam est modérée et tolérante. L’accueil de la population est toujours chaleureux.

Notre itinéraire prévu, de Quantab à Tiwi, a été modifié sur place du fait d’une période de fortes pluies exceptionnelles. Les routes étaient inondées par les crues des wadis (oued) et nous sommes partis au N de Muscat au lieu du S, rajoutant 25 milles de côte inintéressante.

Mercredi 22 : départ à 4h30 de Lézignan pour prendre notre avion à Toulouse à 7h20. Escales à Frankfort, puis à Riyadh. Arrivée à 22h30 à Muscat (3 h de décalage horaire, TU+4). L’équipe de Patrick Cabiro nous attend à l’aéroport pour nous conduire au gîte confortable, au N de la ville. Muscat, la capitale, s’étend sur 60 Km de côte. Temps très couvert et chaud. Repas tardif et sympa au Turkich Kebab.

Jeudi 23 : Temps menaçant, nous décidons d’attendre le soir pour décider notre départ et nous visitons une partie commerçante de la ville pour faire les courses alimentaires. L’après-midi, les fortes pluies commencent et les wadis en crue inondent les routes. Nous différons donc le départ et dormons de nouveau au gîte.

Vendredi 24 : Seeb-Darsayt, 17 milles.

Il pleut…la météo, prise sur internet, annonce le retour du beau temps pour dimanche. Nous décidons de charger les kayaks sur la remorque et de partir pour le petit port de pêche de Seeb, au N de Muscat. Le départ initial prévu à Quantab, au S de Muscat, n’étant pas accessible.

Visite du marché aux poissons et du souk de Seeb. Lieu très authentique et peu touristique. Il pleut…mais, vers midi, une éclaircie nous redonne le moral et nous décidons de mettre à l’eau. La mer est relativement agitée avec un vent de NW force 3 à 4, heureusement arrière. Nous parcourons 17 milles, sans arrêt, un peu déprimés par une côte sans intérêt. Nous voyons 2 beaux serpents en pleine mer. Après une raffinerie, nous abordons la plage du village de Darsayt. Les villageois nous accompagnent jusqu’à un lieu de bivouac bien abrité et trouvent très amusant ces étrangers, en kayak, campant sous la pluie (du jamais vu pour eux).

Samedi 25 : Darsayt-Yankit, 14 milles. Temps couvert mais pas de pluie, vent NW 3 à 5, mer agitée aux caps.

Nous doublons l’entrée du port de Muscat. La côte devient enfin belle et plus sauvage. Un petit village nous paraît sympathique et nous abordons à Haramil en espérant trouver un restau. Les enfants joue au foot sur la plage, il n’y a pas de restau. Ils connaissent la France mais seulement Zidane…Nous repartons, accompagnés par le chant du muezzin, pour une plage plus tranquille. Nous passerons Quantab l’après-midi, avant la belle arche surmontée d’un hotel tout neuf. Nous remontons le « fjord » de Yentik, à marée basse, et devons bivouaquer sur une plage caillouteuse avant le village. (Il vaut mieux camper sur les belles plages avant le fjord ou remonter plus loin à marée haute).

Dimanche 26 : Yankit – Bendar Kayran, 9 milles. Beau temps, vent faible, mer encore agitée aux caps.

Nous remontons le fjord, à marée haute, jusqu’à la plage de Yenkit où les pêcheurs promènent quelques touristes sur leurs barques. En repartant, Jérôme repère un gros poisson piégé par la marée descendante et réussi à le massacrer à coup de pagaie. C’est une belle dorade coryphène de 10 kg, malheureusement totalement infestée par des vers, ce qui explique, sans doute, son comportement suicidaire. À midi, nous pénétrons dans l’archipel de Bendar-Kayran : eaux transparentes, plages de sable blanc et seulement quelques pêcheurs omani. Bivouac tranquille au SE de la grande île du N.

Lundi 27 : Bendar – As Sifah, 5,5 milles. Beau temps, brisette, mer belle : le temps habituel.

Nous prenons le rythme vacances et profitons du cadre exceptionnel. A midi, nous plongeons après Ra’s al Khayran dans un véritable aquarium tropical. Les plus courageux plongeront plus loin et plus profond pour découvrir tortues, requins et raies.

Nous bivouaquons 1 km avant le village de As Sifah. À proximité des tentes, une tortue a pondu récemment. Nous visitons le village de nuit et mangeons des saucisses de Strasbourg arrosées de coca-cola dans un minuscule coffee-bar… L’accueil est toujours aussi chaleureux. Un pêcheur nous donne de l’essence pour le réchaud.

Mardi 28 : As Sifah – Cap Ras’Abu Da’ud, 14 milles. Beau temps.

Le nid de tortue a été dévasté par un chacal pendant la nuit. Le matin, les vautours finissent le travail. Nous embarquons à 9h pour nous arrêter aussitôt au village pour prendre de l’eau. Les pêcheurs nous font signe de la berge et nous les rejoignons. Ils nous offrent des dattes et du café. Les plus jeunes parlent un peu l’anglais. Ils sont très intéressés par les kayaks et surtout par le système du gouvernail. Les enfants vont nous chercher de l’eau fraîche.

Avant le Cap, nous mangeons sur une plage de galets totalement déserte et Nathalie récupère des vertèbres de baleines, crânes de tortue et squelettes de dauphins. Nous verrons aussi un aigle pêcheur.

En doublant le cap, la pêche est bonne et Jérôme sera chanceux, nous assurant le repas du soir. Nous voyons plusieurs tortues, malheureusement l’eau est très troublée par des algues vertes. Après le cap, nous bivouaquons sur une magnifique plage isolée, adossée aux montagnes désertiques.

Mercredi 01 mars : Ras’Abu Da’ud – Al Khubar, 7 milles. Beau temps.

Après une plongée matinale pour voir les raies et les requins, nous partons à 10 h pour revenir vers l’île au large du Cap. Nouvelle plongée avec des requins et des tortues puis cap au S vers Ouryat. Nous abordons entre les 2 longues jetées et trouvons une petite épicerie et un bon restau. Des Omanis sympas embarquent les filles en camion pour aller acheter des légumes au souk. Nous repartons vers Al Khubar et naviguons 2 h dans une eau verte et épaisse, peu agréable. Jérôme pêche une raie, mais elle se décroche. Nous bivouaquons dans les dunes et les filles, parties visiter le village, sont invitées par la famille du chef à déguster une collation de fruits.

Jeudi 02 : Al-Khubar – Wadi El Ker – Hajir, 8 milles. Beau temps.

Après le village de Bilad et sa palmeraie nous approchons d’Hajir et de sa mosquée au bord de l’eau. Nous continuons vers le wadi El Kher que nous remontons, à marée haute, sur 1 km en observant plusieurs tortues, dans un paysage de mangrove. A l’entrée du wadi, Manu donne, involontairement, un coup de pagaie à un petit requin qui suivait le kayak. Après le repas nous retournons à Hajir où Patrick doit venir nous récupérer. Un groupe de jeunes joue de la guitare, assis sur des filets, sous les palmiers. Agnès donne une leçon de musique, alternant les chants omanis et français…

Notre périple s’achève et nous rentrons à Muscat.

Vendredi 03 : visite de Muscat et retour en avion à 22 h 30 pour arriver à 5 h à Francfort dans le froid et la neige.

Pratique :

– Contact : Patrick Cabiro  – l’hiver à Oman : info@holiday-in-oman.com tél: 968 99 53 43 51

– l’été en France : patrick.cabiro@freesbee.fr tél: 06 07 41 76 00

– Période : d’octobre à avril ; l’été,il fait trop chaud.

– Budget : voyage 700 à 800 €

1 semaine de location de kayak + navette + 2 nuits en gîte : 360 € par personne.

La monnaie est le rial soit à peu près 2 €. Un bon repas coûte 2 rials.

– Formalités : passeport, le visa se prend à l’aéroport, à l’arrivée, où le change est possible.

– Santé : RAS.

– Approvisionnement : tout sur place, pendant la rando, on trouve toujours de l’eau auprès des villageois, les épiceries sont souvent très sommaires. Pour la cuisine, nous avons utilisé un réchaud à essence, les pécheurs en ont toujours.

– Bivouac : bivouac et feu autorisés sur les plages, aucun problème de sécurité, nous avons apprécié les tentes lorsqu’il a plu et aussi pour la rosée abondante (sans tente, le sac de bivouac est utile). Pas de moustique.

– Navigation : en principe sans souci, vent dominant de NW, mer parfois agitée aux caps, eau à 24°, air vers 25° à cette saison. Le marnage a été évalué à 2 m, pendant ce séjour, Nous avons pris la météo sur le site : www.windguru.cz , mais normalement il fait toujours beau…Patrick nous a fourni des cartes plastifiées au 1/100 000.

Annexes :

– Les poissons rencontrés d’après Manu Vaucher : dorades coryphènes, poissons chirurgiens, perroquets, trompettes et clowns, diodons, requins pointes noires, raies, serpents marins et de nombreux coquillages, surtout des cônes. Pour plus de renseignements sur la pêche, contacter Michel Descous. Un site intéressant : www.oceanlight.com/fish.html

Petit aperçu naturaliste en Oman vu du kayak

par Nathalie Guen

Ornithologie

Plus de 436 espèces différentes d’oiseaux ont été identifiées en Oman. 80 restent en permanence sur le territoire, les autres étant de passage lors de leur parcours migratoire ; le pays est situé sur le tracé des voies de migration en bordure d’océan, entre l’Afrique et l’Asie.

Du fait de ses 1700 km de côtes, Oman possède autant d’oiseaux de rivage que de terre, une aubaine pour le kayakiste !

Lors de notre périple nous avons observé :

Le vautour percnoptère d’Égypte

Le martinet pâle

Le goéland de Hemprich

Le goéland Ichthyaète

Le balbuzard pêcheur

La sterne huppée

La sterne Caugek

La sterne voyageuse

Le courlis cendré

Le courlis Corlieu

La grande aigrette

L’aigrette des récifs

Le héron strié

Le puffin d’Audubon

Le corbeau familier

La bécassine (sp)

Le rollier d’Europe

Le cormoran (sp)

Tortues marines, serpents de mer et autre Léviathan

Tortues :

Le Sultanat d’Oman a gagné une réputation parfaitement justifiée de « leader » du monde arabe en matière de conservation de la faune sauvage : les tortues marines et leurs principaux sites de nidification sont intégralement protégés par la loi. Sur les 8 espèces de tortues marines existant dans le monde, 5 sont observables sur le littoral omanais ; la tortue verte est la plus fréquente, viennent ensuite la tortue caouanne, la tortue olivâtre, la tortue imbriquée, la tortue luth. La meilleure période d’observation de la nidification s’étend d’avril à août, mais les pontes ont lieu plus ou moins toute l’année.

Nous avons observé plusieurs traces récentes de nidification sur les plages, dont une ponte, pillée dans la nuit par un chacal, près de notre campement ; les œufs, déterrés et éparpillés, ont fait le régal d’un vautour percnoptère au petit matin…

Sur mer, nous avons fait des observations fugaces de tortues nageant, mais plongeant très rapidement à notre vue ; sur terre des squelettes et morceaux de carapace…

Serpents de mer :

Nous avons croisé à la surface de l’eau, deux serpents de mer dont un, pressé et étourdi, a failli percuter un kayak.

Cétacés :

Pas d’observation en mer, par contre, beaucoup d’ossements de dauphins et de gros cétacés sur les plages inaccessibles par la terre. Pour information, il est interdit de ramener des ossements de cétacés (Convention de Washington) ; une vertèbre de baleine que j’ai ramenée m’a valu quelques ennuis à la frontière… mais bon, celle qui n’a pas était interceptée par la douane est du plus bel effet dans mon salon. Il est bien loin le bon temps où Sindbad le marin pouvait accoster sur le dos d’une baleine sans que personne n’y voit à redire !

Bibliographie :

Common birrs in Oman, Hanne and Jens Eriksen, al Roya publishing  2005

(se trouve à la librairie de l’aéroport à Mascat)

Cap sur les tortues marines, Nathan 2000
Sindbad le Marin, édition Phébus

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Photos

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