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le lien de tous ceux qui pagaient en eau salée

Voyage au Sultanat d’Oman

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Article paru dans le bulletin n° 111, p. 32 à 34.

par Alain Simonet

Randonnée en kayak de mer, du 22 février au 4 mars 2006.

Jérôme et Nathalie Chastang, Nathalie Guen, Agnès, Jean et Alain Simonet, Michel Souef, Lucienne et Emmanuel Vaucher.

Au NE de la péninsule arabique, le Sultanat d’Oman compte 2,5 millions d’habitants pour une superficie de la moitié de la France. Le Sultan règne sur cette monarchie. Les revenus du pétrole et du gaz semblent en partie redistribués à la population : routes, eau, électricité, santé et éducation pour tous et gratuitement. C’est une société religieuse, mais cette branche de l’Islam est modérée et tolérante. L’accueil de la population est toujours chaleureux.

Notre itinéraire prévu, de Quantab à Tiwi, a été modifié sur place du fait d’une période de fortes pluies exceptionnelles. Les routes étaient inondées par les crues des wadis (oued) et nous sommes partis au N de Muscat au lieu du S, rajoutant 25 milles de côte inintéressante.

 

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Mercredi 22 : départ à 4h30 de Lézignan pour prendre notre avion à Toulouse à 7h20. Escales à Frankfort, puis à Riyadh. Arrivée à 22h30 à Muscat (3 h de décalage horaire, TU+4). L’équipe de Patrick Cabiro nous attend à l’aéroport pour nous conduire au gîte confortable, au N de la ville. Muscat, la capitale, s’étend sur 60 Km de côte. Temps très couvert et chaud. Repas tardif et sympa au Turkich Kebab.

 

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Jeudi 23 : Temps menaçant, nous décidons d’attendre le soir pour décider notre départ et nous visitons une partie commerçante de la ville pour faire les courses alimentaires. L’après-midi, les fortes pluies commencent et les wadis en crue inondent les routes. Nous différons donc le départ et dormons de nouveau au gîte.


Vendredi 24 : Seeb-Darsayt, 17 milles.

Il pleut...la météo, prise sur internet, annonce le retour du beau temps pour dimanche. Nous décidons de charger les kayaks sur la remorque et de partir pour le petit port de pêche de Seeb, au N de Muscat. Le départ initial prévu à Quantab, au S de Muscat, n’étant pas accessible.

Visite du marché aux poissons et du souk de Seeb. Lieu très authentique et peu touristique. Il pleut...mais, vers midi, une éclaircie nous redonne le moral et nous décidons de mettre à l’eau. La mer est relativement agitée avec un vent de NW force 3 à 4, heureusement arrière. Nous parcourons 17 milles, sans arrêt, un peu déprimés par une côte sans intérêt. Nous voyons 2 beaux serpents en pleine mer. Après une raffinerie, nous abordons la plage du village de Darsayt. Les villageois nous accompagnent jusqu’à un lieu de bivouac bien abrité et trouvent très amusant ces étrangers, en kayak, campant sous la pluie (du jamais vu pour eux).

 

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Samedi 25 : Darsayt-Yankit, 14 milles. Temps couvert mais pas de pluie, vent NW 3 à 5, mer agitée aux caps.

Nous doublons l’entrée du port de Muscat. La côte devient enfin belle et plus sauvage. Un petit village nous paraît sympathique et nous abordons à Haramil en espérant trouver un restau. Les enfants joue au foot sur la plage, il n’y a pas de restau. Ils connaissent la France mais seulement Zidane...Nous repartons, accompagnés par le chant du muezzin, pour une plage plus tranquille. Nous passerons Quantab l’après-midi, avant la belle arche surmontée d’un hotel tout neuf. Nous remontons le « fjord » de Yentik, à marée basse, et devons bivouaquer sur une plage caillouteuse avant le village. (Il vaut mieux camper sur les belles plages avant le fjord ou remonter plus loin à marée haute).

 

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Dimanche 26 : Yankit - Bendar Kayran, 9 milles. Beau temps, vent faible, mer encore agitée aux caps.

Nous remontons le fjord, à marée haute, jusqu’à la plage de Yenkit où les pêcheurs promènent quelques touristes sur leurs barques. En repartant, Jérôme repère un gros poisson piégé par la marée descendante et réussi à le massacrer à coup de pagaie. C’est une belle dorade coryphène de 10 kg, malheureusement totalement infestée par des vers, ce qui explique, sans doute, son comportement suicidaire. À midi, nous pénétrons dans l’archipel de Bendar-Kayran : eaux transparentes, plages de sable blanc et seulement quelques pêcheurs omani. Bivouac tranquille au SE de la grande île du N.

 

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Lundi 27 : Bendar - As Sifah, 5,5 milles. Beau temps, brisette, mer belle : le temps habituel.

Nous prenons le rythme vacances et profitons du cadre exceptionnel. A midi, nous plongeons après Ra’s al Khayran dans un véritable aquarium tropical. Les plus courageux plongeront plus loin et plus profond pour découvrir tortues, requins et raies.

Nous bivouaquons 1 km avant le village de As Sifah. À proximité des tentes, une tortue a pondu récemment. Nous visitons le village de nuit et mangeons des saucisses de Strasbourg arrosées de coca-cola dans un minuscule coffee-bar... L’accueil est toujours aussi chaleureux. Un pêcheur nous donne de l’essence pour le réchaud.

 

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Mardi 28 : As Sifah - Cap Ras’Abu Da’ud, 14 milles. Beau temps.

Le nid de tortue a été dévasté par un chacal pendant la nuit. Le matin, les vautours finissent le travail. Nous embarquons à 9h pour nous arrêter aussitôt au village pour prendre de l’eau. Les pêcheurs nous font signe de la berge et nous les rejoignons. Ils nous offrent des dattes et du café. Les plus jeunes parlent un peu l’anglais. Ils sont très intéressés par les kayaks et surtout par le système du gouvernail. Les enfants vont nous chercher de l’eau fraîche.

Avant le Cap, nous mangeons sur une plage de galets totalement déserte et Nathalie récupère des vertèbres de baleines, crânes de tortue et squelettes de dauphins. Nous verrons aussi un aigle pêcheur.

En doublant le cap, la pêche est bonne et Jérôme sera chanceux, nous assurant le repas du soir. Nous voyons plusieurs tortues, malheureusement l’eau est très troublée par des algues vertes. Après le cap, nous bivouaquons sur une magnifique plage isolée, adossée aux montagnes désertiques.

 

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Mercredi 01 mars : Ras’Abu Da’ud - Al Khubar, 7 milles. Beau temps.

Après une plongée matinale pour voir les raies et les requins, nous partons à 10 h pour revenir vers l’île au large du Cap. Nouvelle plongée avec des requins et des tortues puis cap au S vers Ouryat. Nous abordons entre les 2 longues jetées et trouvons une petite épicerie et un bon restau. Des Omanis sympas embarquent les filles en camion pour aller acheter des légumes au souk. Nous repartons vers Al Khubar et naviguons 2 h dans une eau verte et épaisse, peu agréable. Jérôme pêche une raie, mais elle se décroche. Nous bivouaquons dans les dunes et les filles, parties visiter le village, sont invitées par la famille du chef à déguster une collation de fruits.

 

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Jeudi 02 : Al-Khubar - Wadi El Ker – Hajir, 8 milles. Beau temps.

Après le village de Bilad et sa palmeraie nous approchons d’Hajir et de sa mosquée au bord de l’eau. Nous continuons vers le wadi El Kher que nous remontons, à marée haute, sur 1 km en observant plusieurs tortues, dans un paysage de mangrove. A l’entrée du wadi, Manu donne, involontairement, un coup de pagaie à un petit requin qui suivait le kayak. Après le repas nous retournons à Hajir où Patrick doit venir nous récupérer. Un groupe de jeunes joue de la guitare, assis sur des filets, sous les palmiers. Agnès donne une leçon de musique, alternant les chants omanis et français...

Notre périple s’achève et nous rentrons à Muscat.


Vendredi 03 : visite de Muscat et retour en avion à 22 h 30 pour arriver à 5 h à Francfort dans le froid et la neige.


Pratique :


- Contact : Patrick Cabiro  - l’hiver à Oman : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. tél: 968 99 53 43 51

- l’été en France : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. tél: 06 07 41 76 00

- Période : d’octobre à avril ; l’été,il fait trop chaud.

- Budget : voyage 700 à 800 €

1 semaine de location de kayak + navette + 2 nuits en gîte : 360 € par personne.

La monnaie est le rial soit à peu près 2 €. Un bon repas coûte 2 rials.

- Formalités : passeport, le visa se prend à l’aéroport, à l’arrivée, où le change est possible.

- Santé : RAS.

- Approvisionnement : tout sur place, pendant la rando, on trouve toujours de l’eau auprès des villageois, les épiceries sont souvent très sommaires. Pour la cuisine, nous avons utilisé un réchaud à essence, les pécheurs en ont toujours.

- Bivouac : bivouac et feu autorisés sur les plages, aucun problème de sécurité, nous avons apprécié les tentes lorsqu’il a plu et aussi pour la rosée abondante (sans tente, le sac de bivouac est utile). Pas de moustique.

- Navigation : en principe sans souci, vent dominant de NW, mer parfois agitée aux caps, eau à 24°, air vers 25° à cette saison. Le marnage a été évalué à 2 m, pendant ce séjour, Nous avons pris la météo sur le site : www.windguru.cz , mais normalement il fait toujours beau...Patrick nous a fourni des cartes plastifiées au 1/100 000.


Annexes :

- Les poissons rencontrés d’après Manu Vaucher : dorades coryphènes, poissons chirurgiens, perroquets, trompettes et clowns, diodons, requins pointes noires, raies, serpents marins et de nombreux coquillages, surtout des cônes. Pour plus de renseignements sur la pêche, contacter Michel Descous. Un site intéressant : www.oceanlight.com/fish.html


Petit aperçu naturaliste en Oman vu du kayak 

par Nathalie Guen 

Ornithologie

Plus de 436 espèces différentes d'oiseaux ont été identifiées en Oman. 80 restent en permanence sur le territoire, les autres étant de passage lors de leur parcours migratoire ; le pays est situé sur le tracé des voies de migration en bordure d'océan, entre l'Afrique et l'Asie.

Du fait de ses 1700 km de côtes, Oman possède autant d'oiseaux de rivage que de terre, une aubaine pour le kayakiste ! 

Lors de notre périple nous avons observé : 

Le vautour percnoptère d'Égypte

Le martinet pâle

Le goéland de Hemprich

Le goéland Ichthyaète

Le balbuzard pêcheur

La sterne huppée

La sterne Caugek

La sterne voyageuse

Le courlis cendré

Le courlis Corlieu

La grande aigrette

L'aigrette des récifs

Le héron strié

Le puffin d'Audubon

Le corbeau familier

La bécassine (sp)

Le rollier d'Europe

Le cormoran (sp) 

 

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Tortues marines, serpents de mer et autre Léviathan  

Tortues :

Le Sultanat d'Oman a gagné une réputation parfaitement justifiée de « leader » du monde arabe en matière de conservation de la faune sauvage : les tortues marines et leurs principaux sites de nidification sont intégralement protégés par la loi. Sur les 8 espèces de tortues marines existant dans le monde, 5 sont observables sur le littoral omanais ; la tortue verte est la plus fréquente, viennent ensuite la tortue caouanne, la tortue olivâtre, la tortue imbriquée, la tortue luth. La meilleure période d'observation de la nidification s'étend d'avril à août, mais les pontes ont lieu plus ou moins toute l'année.

Nous avons observé plusieurs traces récentes de nidification sur les plages, dont une ponte, pillée dans la nuit par un chacal, près de notre campement ; les œufs, déterrés et éparpillés, ont fait le régal d'un vautour percnoptère au petit matin…

Sur mer, nous avons fait des observations fugaces de tortues nageant, mais plongeant très rapidement à notre vue ; sur terre des squelettes et morceaux de carapace...  

Serpents de mer :

Nous avons croisé à la surface de l'eau, deux serpents de mer dont un, pressé et étourdi, a failli percuter un kayak. 
 
 

Cétacés :

Pas d'observation en mer, par contre, beaucoup d'ossements de dauphins et de gros cétacés sur les plages inaccessibles par la terre. Pour information, il est interdit de ramener des ossements de cétacés (Convention de Washington) ; une vertèbre de baleine que j'ai ramenée m'a valu quelques ennuis à la frontière… mais bon, celle qui n'a pas était interceptée par la douane est du plus bel effet dans mon salon. Il est bien loin le bon temps où Sindbad le marin pouvait accoster sur le dos d'une baleine sans que personne n'y voit à redire !

Bibliographie :  

  • Common birrs in Oman, Hanne and Jens Eriksen, al Roya publishing  2005

    (se trouve à la librairie de l'aéroport à Mascat)

  • Cap sur les tortues marines, Nathan 2000
  • Sindbad le Marin, édition Phébus

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